En proie aux attaques de l’armée rwandaise et de l’AFC-M23 et à la prédation illégale des ressources naturelles, la partie orientale de la République démocratique du Congo « n’est plus en crise », elle est maintenant « en effondrement », a dénoncé mardi, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Néné Bintu Iragi, présidente du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu.
Néné Bintu Iragi a fait remarquer aux membres du Conseil de sécurité que, dans les zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu contrôlées par l’AFC-M23, « une administration parallèle taxe et extorque illégalement nos compatriotes sous la menace des armes » , ce qui fait partie d’une stratégie délibérée visant à terroriser et à réprimer la population locale.
« Il est impossible de comprendre cette guerre sans s’attaquer à ce qui l’alimente : nos ressources minérales », a-t-elle déclaré.
Pour illustrer son propos, elle a souligné que les mineurs artisanaux extraient la cassitérite, le coltan et l’or sous la contrainte armée. Ces minerais sont ensuite taxés sur le site minier, transportés ailleurs pour être mélangés à d’autres minerais afin d’en masquer l’origine, puis exportés par l’intermédiaire de maisons de commerce.
« Chaque tonne de coltan qui quitte illégalement le pays finance l’achat d’armes et le recrutement de nos enfants. Tant que l’on pourra tuer pour contrôler une mine et vendre sa production à l’international sans en subir les conséquences, cette guerre ne prendra jamais fin », a-t-elle alerté.
Bien que les normes publiées par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) exigent que chaque entreprise achetant des minéraux congolais vérifie leur origine, « sur le terrain, de nombreux acheteurs ferment les yeux », a-t-elle déploré.
Dans l’est de la RDC, la situation des droits de l’homme est préoccupante. 1 537 violations ont été documentées par l’ONU, qui souligné que ces violations « se produisent dans un contexte humanitaire où se croisent conflits, déplacements de population, insécurité alimentaire et épidémie du virus Ebola, avec de graves conséquences pour les femmes et les enfants ».







