L’administration Trump durcit le ton. À quelques jours de la conférence de planification trilatérale sur la révision de l’ordre des opérations, Washington a adressé un message tranchant à Kigali : les Forces rwandaises de défense (RDF) n’ont aucune base légale pour opérer sur le sol congolais.
Parrain du processus diplomatique qui a abouti à la signature, en 2025, de l’accord de paix, Washington maintient une position d’une grande fermeté envers le Rwanda, accusé de bloquer la mise en œuvre du texte négocié par Donald Trump. Le pays de Paul Kagame s’était engagé à lever des mesures de défense (se retirer du territoire congolais). Mais sur le terrain, les troupes rwandaises continuent de soutenir l’offensive des rebelles de l’AFC-M23. Pour marquer son irritation, le médiateur américain a convoqué samedi 3 octobre Mathilde Mukantabana, ambassadrice du Rwanda aux États-Unis.
Le message trumpien est incisif : « le Rwanda doit respecter ses obligations au titre des accords de Washington, notamment en cessant tout soutien au M23 et en retirant ses forces de la RDC ».
Alors que la RDC s’emploie à neutraliser les FDLR, respectant ainsi ses engagements, le secrétaire d’État adjoint des États-Unis chargé des Affaires africaines a rappelé aux autorités rwandaises que « la pleine mise en œuvre de ces accords est essentielle à une paix durable dans la région des Grands Lacs et ouvrira la voie à de nouveaux investissements et à des liens économiques plus étroits, gages de prospérité mutuelle ».
C’est un signal politique fort. La Maison Blanche n’entend pas laisser le Rwanda torpiller un accord qui a permis au président Trump de vanter ses efforts diplomatiques personnels et ceux de son administration pour réussir là où d’autres médiations avaient échoué par le passé.
Après plus de trois décennies de guerre, l’action américaine vise à garantir les conditions d’une paix et d’une stabilité durables dans la région des Grands Lacs. Frank W. Garcia, qui s’est entretenu également avec l’ambassadeur burundais, a assuré que « cette stabilité permettra d’attirer de nouveaux investissements, notamment dans le secteur des minéraux critiques, où le Burundi est un partenaire essentiel pour la mise en place de chaînes d’approvisionnement sûres et transparentes ».
Les Etats-Unis ont accentué la pression sur le Rwanda à l’approche de la conférence de planification trilatérale prévue en ce mois d’octobre. L’objectif de cette rencontre est d’actualiser le document qui encadre l’exécution des engagements sécuritaires pris par Kinshasa et Kigali.






