La position de l’Union européenne contre l’intervention militaire du Rwanda en RDC, réaffirmée devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, repose sur la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale des Nations unies, qui définit l’acte d’agression comme l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État, y compris l’envoi de forces armées ou le soutien à des groupes armés irréguliers opérant sur un territoire étranger.
L’UE a manifesté son refus clair de cautionner l’agression rwandaise, surtout que les opérations des Forces rwandaises de défense (RDF) et le soutien apporté aux rebelles de l’AFC-M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’accompagnent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, largement documentées par les Nations unies.
Lors du dialogue interactif renforcé sur le rapport du haut-commissaire des l’ONU aux droits de l’homme sur la RDC, l’UE a exprimé ses vives préoccupations face aux exécutions sommaires, enlèvements, recrutement et utilisation d’enfants, discours de haine, ainsi qu’aux violences sexuelles liées au conflit, attribués aux troupes rwandaises et à l’AFC-M23.
« L’Union européenne réitère son appel au M23 soutenu par le Rwanda à cesser son offensive et aux forces de défense rwandaises à se retirer de la RDC », a déclaré vendredi 2 octobre le représentant de l’UE, qui salué, à ce titre, le mandat de la Commission d’enquête indépendante, qui contribue, dans la continuité de la Mission d’établissement des faits, à la documentation de ces violations, en particulier depuis janvier 2025.
La pression internationale ne faiblit pas. L’administration Trump, qui a convoqué récemment l’ambassadrice du Rwanda à Washington, a souligné que Kigali doit respecter ses obligations au titre des accords de paix, notamment en cessant tout soutien au M23 et en retirant ses forces de la RDC. La Maison Blanche a rappelé que la pleine mise en œuvre de ces accords est essentielle à une paix durable dans la région des Grands Lacs et ouvrira la voie à de nouveaux investissements et à des liens économiques plus étroits.
Après trois décennies de guerre, place à la justice. L’Union européenne a accueilli favorablement la décision du procureur de la Cour pénale internationale de réactiver ses enquêtes sur les crimes présumés pertinents du Statut de Rome commis dans la province du Nord-Kivu depuis janvier 2022.
En outre, l’UE s’est félicitée de l’engagement de la RDC auprès du HCDH et a réaffirmé son soutien aux efforts entrepris par les autorités congolaises dans la lutte contre l’impunité.
De ce fait, l’UE a souligné l’importance de poursuivre leur mise en œuvre de façon cohérente et efficace, afin de garantir l’accès des victimes à la justice, notamment à travers les mécanismes judiciaires, la justice transitionnelle et la protection des victimes et des témoins.






