De la menace à l’acte. L’ancien chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, a décidé de matérialiser son intention exprimée lors de sa dernière déclaration, celle d’en découdre avec son successeur Félix Tshisekedi qu’il accuse d’avoir rejeté toutes les initiatives de paix fondées sur le dialogue.
La RDC se dirige vers une AFDL bis. Le sénateur à vie a repris les armes. Lui, qui a combattu en 1997 au sein de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, milice parrainée par Kigali et Kampala, qui a renversé le président Mobutu Sese Seko, vient d’officialiser son alliance avec la rébellion pro-Rwanda, AFC-M23. Objectif : renverser Félix Tshisekedi, à qui ils reprochent d’avoir réinstauré la dictature en RDC.
Pour formaliser leur insurrection, ils ont créé un nouveau mouvement politico-militaire : Front pour la refondation de la nation. Il est présidé par Joseph Kabila. Ce dernier est assisté par les vice-présidents Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga (chef d’état-major général).
Les choses sont on ne peut plus claires : une nouvelle offensive armée hybride est attendue dans les prochains jours. Elle viserait des changements à la tête de l’État avec le soutien de Paul Kagame qui, selon l’ONU, a déployé entre 14 000 et 18 000 soldats rwandais dans l’est de la RDC, où ils occupent plusieurs zones stratégiques, notamment les villes de Goma et de Bukavu.
En juillet 2026, un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo avait révélé que l’ancien président de la République était pressenti pour occuper une fonction de premier plan dans le cadre d’un projet de restructuration de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Le rapport avait mentionné des déplacements de Joseph Kabila depuis mai 2025 vers des zones contrôlées par l’AFC/M23 et des rencontres avec des responsables du mouvement rebelle.
Aujourd’hui, c’est officiel. Le leader du PPRD a renoncé aux idéaux de la démocratie. Pour justifier son action, il a réchauffé les griefs de l’AFDL contre Mobutu afin de charger Félix Tshisekedi : dictature ruineuse et effondrement total de l’État; ruine économique et la corruption ; chaos sécuritaire et militaire, ainsi que exclusion politique et ethnique.
Le Front pour la refondation de la nation est lancé, alors qu’en RDC, toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation. La Constitution congolaise souligne que le pouvoir politique s’acquiert par la voie démocratique et élective (notamment par l’élection du président de la République au suffrage universel), et non par les armes ou l’action militaire.






