En mission de paix dans la région des Grands Lacs, les facilitateurs de l’Union africaine, qui ont échangé lundi notamment avec les dirigeants de l’AFC-M23, ont souligné la nécessité d’un « dialogue politique » qui permettra de cimenter la paix, l’unité nationale, la sécurité et la stabilité dont le peuple congolais a grandement besoin pour son développement durable.
A Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, occupée par les rebelles de l’AFC-M23 soutenus par l’armée rwandaise, Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, et Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, ont tenu des consultations avec les représentants de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE Plus) et de la rébellion AFC-M23.
Au cours de ces échanges, qui ont permis de recueillir différents points de vue sur le processus de paix, la situation sécuritaire et humanitaire, ainsi que sur les mesures nécessaires au renforcement de la confiance, les facilitateurs de l’UA ont « réaffirmé que la paix durable exige un dialogue politique et encouragé la poursuite d’un engagement de bonne foi dans le processus de Doha ».
Face à la poursuite des combats, ils ont appelé au strict respect des engagements de cessez-le-feu, à la pleine coopération avec les mécanismes de vérification et à l’abstention de toute action susceptible de compromettre le processus de paix.
Réaffirmant leur attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, les facilitateurs de l’UA ont souligné que ces engagements doivent se traduire par des améliorations concrètes pour les communautés touchées.
Mardi, la délégation de la facilitation a été reçue à Kigali par le ministre rwandais des Affaires étrangères. Elle a promis de communiquer les conclusions de ces consultations au médiateur de l’Union africaine (le président togolais Faure Gnassingbé) et au gouvernement de la RDC, rassurant qu’elle poursuivra son engagement en vue de renforcer la protection des civils, de rétablir la confiance et de faire progresser le processus de paix.
Depuis la guerre de 1996, des initiatives de paix à travers des dialogues inter-congolais ont été organisées soit à l’extérieur du pays, soit sur les territoires congolais avec la participation et l’appui financier de la communauté internationale. C’est le cas des rencontres de Lusaka I et II pour conclure le cessez-le-feu entre les belligérants, la « rencontre d’Addis-Abeba » destinée à régler le volet politique de l’Accord de Lusaka, de celle de Sun City en Afrique du Sud avec l’« Accord global et inclusif » en avril 2003, les dialogues de Goma en RDC avec l’accord de paix de Goma, ceux de Kampala en Ouganda et Nairobi au Kenya avec l’accord de Nairobi avec les M23 et les concertations nationales tenues à Kinshasa en 2013. Sous la médiation qatarie, le processus de paix de Doha réunit le gouvernement congolais et l’AFC-M23. Cependant, ces différents forums n’ont pas pu faire taire les armes. De son côté, Félix Tshisekedi entend convoquer un dialogue national pour refonder l’Etat congolais. Une initiative rejetée par l’opposition et l’AFC-M23.






