Au mépris flagrant du droit international, notamment de la charte des Nations unies qui interdit le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État, la Russie et le Rwanda poursuivent leurs attaques respectivement en Ukraine et en RDC. Courroucé, le chef de la diplomatie ukrainienne a appelé mardi à une paix « juste » pour Kiev et Kinshasa.
Les opérations militaires de la Russie en Ukraine et celles du Rwanda en RDC ont fait de nombreuses victimes parmi la population civile, dont des enfants et des femmes, provoqué des déplacements massifs de civils et détruit plusieurs infrastructures. Dans ce contexte d’instabilité, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a eu une conversation téléphonique « importante » avec son homologue de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Selon la diplomatie ukrainienne, les échanges entre les personnalités ont porté sur les moyens de développer le dialogue bilatéral Ukraine-RDC et d’approfondir leur coopération dans le cadre des Nations unies afin « d’instaurer une paix juste » pour les deux pays.
« J’ai noté que l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, signé sous la médiation des États-Unis à Washington en décembre 2025, constitue une étape importante sur la voie d’une paix durable dans l’est du Congo. J’ai également confirmé la volonté de l’Ukraine de demeurer l’un des garants de la sécurité alimentaire en RDC, notamment grâce à l’initiative : Céréales d’Ukraine. Nous avons accordé une attention particulière aux perspectives de coopération humanitaire, en particulier dans le domaine de la lutte contre les violations des droits de l’enfant », a déclaré Andriy Sybiga, félicitant Thérèse Kayikwamba pour l’élection de la République démocratique du Congo comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2026-2027.
Par la même occasion, il a remercié la RDC pour son soutien indéfectible à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Les agressions russe et rwandaise ont mis en lumière les ambitions impériales et coloniales de Vladimir Poutine et Paul Kagame vis-à-vis de leurs voisins, alors que l’agression est interdite non seulement par le droit international public, mais aussi par le droit pénal international.
En tant que tel, un acte d’agression peut donc engager la responsabilité générale de l’État agresseur devant la Cour internationale de justice, permettant la condamnation de l’État et des réparations, mais aussi la responsabilité pénale individuelles des auteurs de l’agression devant la Cour pénale internationale. En effet, la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) sur le crime d’agression a été établie en 2018. Toutefois, les États ont imposé des conditions restrictives spécifiques pour la poursuite du crime d’agression par la CPI qui diffèrent de celles applicables aux autres crimes. La CPI ne peut pas poursuivre ce crime lorsque l’État agresseur n’est pas partie à la CPI ni s’il a refusé l’amendement du statut de la CPI relatif à la définition de l’agression. Le fait que l’État victime de l’agression soit partie au statut de la CPI et ait opté pour cette compétence ne suffit pas à déclencher la compétence de la CPI pour le crime d’agression. Ces conditions restrictives ne peuvent éventuellement être surmontées que par une décision impérative du Conseil de Sécurité de l’ONU adoptée sur la base du chapitre VII de la Charte de l’ONU et pour laquelle il n’y a pas eu d’utilisation du veto d’un membre permanent.





