Le Conseil de sécurité de l’ONU a débattu mercredi 20 mai 2026 de la protection des civils dans les conflits armés. La crise dans l’est de la RDC a été évoquée lors de ce briefing présidé par la Chine. Dans sa déclaration, le représentant permanent de la RDC a appelé à rompre avec la logique d’escalade pour favoriser notamment le dialogue et la justice.
Alors que l’armée rwandaise et les rebelles du M23 poursuivent leur conquête territoriale dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, ciblant des civils, Zénon Mukongo a affirmé que la protection de ces derniers ne peut être envisagée uniquement sous l’angle de la sécurité. Selon lui, elle doit s’inscrire « dans une approche intégrée qui englobe la sécurité, le développement, la justice, la consolidation de la paix et le dialogue politique ».
« Lorsque le dialogue cède la place à une logique belliqueuse – sans perspective politique –, ce sont invariablement les civils qui en subissent les conséquences les plus dévastatrices », a-t-il déclaré, précisant que les pertes civiles lors des conflits témoignent de « la désintégration totale du respect du droit international humanitaire ».
Elles sont aussi, a ajouté le diplomate congolais, symptomatiques d’une impunité persistante que le Conseil de sécurité de l’ONU a le devoir de combattre.
Aux différentes délégations, l’ambassadeur Zénon a fait remarquer que l’expérience de la MONUSCO dans l’est du pays démontre l’importance – et les limites – des mécanismes de protection internationale lorsqu’ils ne s’accompagnent pas d’efforts soutenus pour renforcer les capacités nationales, parvenir à un règlement durable des causes profondes du conflit ou d’un engagement politique constant en faveur de la paix.
En 2025, un civil était tué environ toutes les 14 minutes. Il ne s’agit là que des décès que les Nations unies ont pu recenser dans 20 conflits armés.
« Le véritable bilan est bien plus lourd en République démocratique du Congo, au Soudan, en Ukraine, dans le territoire palestinien occupé et ailleurs », a indiqué Edem Wosornu, directeur de la Division de la réponse aux crises au sein du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Wosornu a déclaré avoir constaté cette dévastation au cours de l’année écoulée, lors de visites dans des pays touchés par la guerre, où des civils – y compris des enfants – sont tués chez eux, sur les marchés, au travail, à l’école, sur les routes et alors qu’ils fuient pour se mettre en sécurité.





