Depuis la résurgence du M23 début 2022, avec le soutien de l’armée rwandaise, la RDC commémore chaque année sa souveraineté sur fond de crise sécuritaire et d’occupation d’une partie de son territoire dans l’est. Le 30 juin 2026, le président congolais a justifié sa décision de résoudre ce conflit par la voie diplomatique plutôt que militaire. Selon Félix Tshisekedi, la position de son gouvernement a été motivée par la nécessité urgente mettre fin aux souffrances imposées aux populations par les agresseurs.
Prenant du recul face aux critiques privilégiant la solution militaire, Félix Tshisekedi dans son adresse à la nation a affirmé que le « choix de la diplomatie n’a jamais été un signe de faiblesse ». Tout en reconnaissant que les populations de l’est continuent de subir les conséquences douloureuses de l’agression, le chef de l’Etat a présenté son approche comme celle « de la responsabilité, de la maîtrise et de la recherche, par tous les moyens légitimes, de la fin des souffrances imposées à nos populations ».
Mais la réalité sur le terrain est sans appel : aucune avancée majeure n’a été enregistrée, les combats se poursuivent avec intensité. Et Tshisekedi en est conscient. Dans son discours, il avoue que les accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux n’ont de sens que s’ils produisent des résultats concrets, vérifiables et irréversibles : « le silence des armes, la fin de tout soutien aux groupes armés, le retrait effectif des forces étrangères non invitées, le désarmement des combattants, le retour digne et sécurisé des déplacés et des réfugiés, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’État, la justice pour les victimes et des garanties crédibles de non-répétition ».
Face aux accusations rwandaises de violation des accords de Washington et de Doha, Félix Tshisekedi a assuré que la République démocratique du Congo reste engagée en faveur de la paix.
Kinshasa « respecte sa parole, honore ses engagements et demeure ouverte au dialogue lorsqu’il est sincère, équilibré et conforme aux intérêts fondamentaux de la nation », a-t-il déclaré, précisant cependant que la paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur « notre souveraineté, notre justice ou notre intégrité territoriale ».
Une paix juste
A Washington, à Doha et à l’Union africaine, la RDC recherche une « paix juste ». Cela signifie, à en croire le président Tshisekedi, une paix qui respecte les frontières, restaure l’autorité de l’État, sanctionne les crimes et transforme les ressources naturelles en instruments de développement, non en carburant de guerre.
« C’est cette paix-là que nous voulons. C’est cette paix-là que nous défendrons », a-t-il souligné, remerciant les partenaires qui accompagnent ces efforts, notamment les États-Unis d’Amérique, l’État du Qatar, l’Union africaine, les Nations Unies, la SADC, l’EAC, la CIRGL, ainsi que tous les pays amis engagés en faveur de la paix dans la région.






