Kigali rejette toute négociation avec les FDLR. Le représentant rwandais à l’ONU a exigé mardi que ce groupe soit traité comme une « menace directe et existentielle pour la sécurité du Rwanda ». Par conséquent, Martin Ngoga a réclamé une « neutralisation effective, complète et vérifiable » de ces rebelles par la RDC.
Le Rwanda et le RDC ne s’entendent toujours pas sur la modalité de neutralisation des FDLR. Pour Kigali, une action militaire de grande envergure doit être menée par l’armée congolaise alors que Kinshasa a opté pour la démobilisation qui aboutirait à une dissolution définitive du mouvement. Pour y arriver, les autorités congolaises ont signé un protocole d’accord avec les dirigeants de ce groupe armé. Une initiative rejetée catégoriquement par l’administration Kagame, dénonçant une tentative de substituer un accord distinct à un engagement clair déjà pris, et comme une tactique dilatoire qui risque de prolonger plutôt que de résoudre la menace sécuritaire.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le diplomate rwandais a affirmé que l’Accord de paix de Washington, ainsi que le CONOPS et l’OPORD convenus, établissent déjà des obligations claires, des modalités opérationnelles, un séquençage, des mécanismes de vérification et des échéanciers de mise en œuvre.
« Ces engagements ne peuvent être réinterprétés unilatéralement ou sélectivement, soumis à de nouvelles conditions préalables, ni remplacés par des accords bilatéraux séparés avec les groupes armés mêmes que la RDC s’est engagée à neutraliser », a-t-il déclaré, soulignant que l’obligation de la RDC est claire : le FDLR doit être neutralisé, et « cette neutralisation doit être effective, complète et vérifiable ».
Pour Kigali, qui refuse de retirer ses troupes du sol congolais, la présence continue des FDLR dans l’est de la RDC et leur « idéologie génocidaire » constituent une menace directe et existentielle pour la sécurité du Rwanda.
« C’est ainsi que le Rwanda perçoit cette menace, et c’est ainsi que nous devons la traiter », a tranché Martin Ngoga.
Ces interprétations contradictoires compliquent la mise en œuvre de l’accord de paix. Mais l’ONU a estimé que la reprise des réunions régulières dans le cadre du processus de Washington, conjuguée à l’accord conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous forme d’une feuille de route assortie d’un calendrier, offre une base solide pour réaliser des progrès concrets.
L’ONU a exhorté ainsi les parties à poursuivre ce dialogue et à respecter leurs engagements, notamment en se conformant pleinement au droit international humanitaire et au droit international des droits humains.







