Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le chef de la Monusco, James Swan, a décrit en détail, mardi 29 septembre 2026, les combats entre l’AFC-M23 et ses alliés, « soutenus par le Rwanda », et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Les affrontements persistants entre les deux parties ont continué, à en croire le diplomate onusien, d’alimenter l’insécurité, de faire des victimes parmi la population civile et de provoquer des déplacements de population dans le Nord -Kivu et le Sud-Kivu, exposant ainsi les civils à de graves risques en matière de protection, notamment des meurtres ciblés ou non, des enlèvements, des violences sexuelles liées au conflit, des déplacements forcés, des restrictions à la liberté de circulation et la destruction des moyens de subsistance.
« Les deux camps continuent d’utiliser des armes lourdes et des drones dans le cadre des hostilités, contribuant ainsi à la détérioration constante de la situation sécuritaire », a-t-il déploré, précisant que les développements dans l’est de la RDC soulignent l’ampleur des défis qui restent à relever.
Au Sud-Kivu, a-t-il indiqué, le recours croissant aux armes lourdes par les parties continue de provoquer des déplacements de population et de perturber la fourniture des services essentiels et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Selon l’ONU, à partir de la mi-août, l’intensification des affrontements entre le M23 et diverses factions des forces d’autodéfense armées dans les territoires de Walikale et de Masisi a entraîné des violences généralisées et provoqué le déplacement de 70 800 civils. Dans le Sud-Kivu, les Twirwaneho et le M23 ont repoussé les FARDC à l’extérieur de la région de Minembwe et repris le contrôle de Point Zero le 4 juillet, rétablissant ainsi de fait la ligne de front telle qu’elle était fin janvier 2026.
Dans sa déclaration, James Swan a estimé que le déploiement des premières missions de vérification du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus à Minembwe et à Masisi témoigne d’une volonté accrue des parties de réaliser les engagements convenus et de recourir aux mécanismes établis pour régler leurs différends.
Le chef de la Monusco a toutefois souligné que la persistance des combats, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les versions contradictoires concernant l’évolution de la situation sur le terrain mettent en évidence la fragilité de ces avancées et soulignent la nécessité d’un engagement politique durable, du respect des accords conclus, d’un accord sur les domaines de divergence en suspens et d’un soutien régional durable.







