Kigali marche sur le droit international. Le pays de Paul Kagame est accusé de mener une politique de transplantation et de substitution démographique dans l’est de la RDC. Selon Kinshasa, le Rwanda installe ses populations dans les localités vidées de leurs habitants congolais à la suite des massacres à répétition perpétrés par les RDF et l’AFC/M23, afin de s’approprier durablement cette zone riche en ressources naturelles.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la RDC s’est inquiété d’une « dimension, plus silencieuse mais extrêmement dangereuse » du conflit qui mérite, selon lui, l’attention de l’organe exécutif des Nations unies : la gestion administrative et démographique « criminelle » des zones sous occupation des Forces rwandaises de défense (RDF) et de l’AFC/M23, une pratique condamnée par la résolution 2773.
La politique du Rwanda en RDC viole la quatrième convention de Genève, qui interdit explicitement à une puissance occupante de déporter ou de transférer une partie de sa propre population civile dans le territoire qu’elle occupe.
« Cette modification forcée de la réalité démographique est inacceptable et constitue un risque d’embrasement majeur qu’il faut traiter immédiatement », a déclaré Zénon Mukongo.
Le diplomate congolais a rappelé que la résolution 2773 condamne fermement l’établissement d’administrations parallèles. Ainsi, a-t-il appelé le Conseil de sécurité à veiller à ce qu’aucune structure illégale ne se substitue aux institutions de la République démocratique du Congo.
Pour faire échec à la politique rwandaise, la RDC a demandé aux mécanismes compétents des Nations Unies d’examiner cette situation et encouragé le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à renforcer la coordination du rapatriement volontaire, sûr et digne des réfugiés dans le cadre de la coopération tripartite RDC-HCR-Rwanda.
Selon le statut de la Cour pénale internationale (CPI), les transferts forcés de populations et les déportations massives peuvent être qualifiés de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, voire d’actes concourant à un génocide si l’intention de détruire un groupe est prouvée.
Dès juin 2025, le gouverneur du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, ainsi que le vice-Premier ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, avaient déjà tiré la sonnette d’alarme concernant des déplacements forcés et une occupation planifiée dans des territoires comme Rutshuru et Masisi.






