La Lutte pour le changement (Lucha) condamne fermement l’engagement de Joseph Kabila dans une dynamique politico-militaire. Le message du mouvement citoyen à l’ancien chef de l’Etat est clair : aucun différend politique, aussi profond soit-il, ne saurait justifier le recours aux armes au détriment de la sécurité et de la vie des Congolais.
Dans une déclaration faite mercredi 21 octobre 2026, l’organisation de la société civile rappelle au président du Front pour la refondation de la nation (FRN) que les différends politiques doivent être réglés par des voies pacifiques et démocratiques.
Pour la Lucha, Kabila doit renoncer immédiatement à toute entreprise de recours aux armes pour accéder au pouvoir ou peser sur l’avenir politique du pays.
« L’annonce de l’engagement de Joseph Kabila à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire suscite de graves inquiétudes et appelle une condamnation sans équivoque. Après avoir dirigé la République démocratique du Congo pendant dix-huit ans, l’ancien président ne saurait prétendre contribuer au redressement du pays en s’engageant dans une voie qui risque d’aggraver un contexte sécuritaire déjà profondément fragile, d’alimenter les affrontements armés et d’exposer davantage les populations civiles aux violences », a-t-elle déclaré, faisant remarquer au nouveau chef rebelle que son statut d’ancien président de la République ne le soustrait à aucune obligation de rendre compte de ses actes, passés comme présents, devant la justice.
La voie des armes choisie par Joseph Kabila soulève, selon la Lucha, de nouvelles questions de responsabilité auxquelles il devra répondre, alors que les victimes des violations des droits humains commises durant ses années au pouvoir attendent toujours que justice leur soit rendue.
« Les responsabilités du passé ne sauraient être effacées par les événements du présent, pas plus que celles du présent ne sauraient échapper à l’exigence de justice », a-t-elle souligné, exigeant également au président Félix Tshisekedi de rendre compte des mesures prises face aux menaces sécuritaires connues, consacrer les moyens de l’Etat au rétablissement de la paix et renoncer à toute initiative de modification constitutionnelle qui viserait à prolonger son maintien au pouvoir.
Face à cette crise complexe, la Lucha a appelé à un dialogue national véritablement inclusif, sur la base des démarches entreprises par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), notamment leur initiative de Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, avec l’appui de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Pas de partage du pouvoir. Ce dialogue doit, a préconisé le mouvement citoyen, associer les forces politiques, les mouvements citoyens et les autres composantes de la société congolaise, s’attaquer aux causes profondes de la crise et déboucher sur des engagements précis, assortis d’un mécanisme indépendant de suivi.








