Principal adversaire des États-Unis dans une guerre géostratégique et économique concernant les ressources minières, notamment les minerais critiques et les terres rares indispensables à la transition énergétique, au numérique et à la défense, la Chine a exhorté vendredi 26 juin les grandes puissances à éviter de considérer les ressources minérales de la RDC comme des monnaies d’échange dans les négociations.
Pékin et Washington sont en concurrence directe pour s’approvisionner dans des pays riches en minéraux comme la République démocratique du Congo. Alors que les Etats-Unis cherchent à sécuriser un accès prioritaire à des ressources stratégiques (comme le cuivre, le cobalt et le lithium) et à réduire la dépendance des chaînes d’approvisionnement occidentales vis-à-vis des investisseurs chinois qui dominent actuellement le secteur, la Chine a affirmé qu’elle soutient les pays de la région dans la mise en place de mécanismes de coopération minière transparents et inclusifs afin de rompre les filières de commerce illicite des ressources.
Selon l’ambassadeur Fu Congolais, le Conseil de sécurité devrait appuyer les organisations et mécanismes régionaux dans leur rôle visant à renforcer la transparence et la traçabilité des exportations de ressources.
« Les puissances extérieures devraient s’abstenir d’instrumentaliser les ressources minérales régionales dans des jeux géopolitiques, renoncer véritablement à une logique de jeu à somme nulle, adhérer à des pratiques inclusives, ouvertes et coopératives, et aider sincèrement les pays de la région et leurs populations à bénéficier de l’exploitation et de la mise en valeur des ressources », a-t-il déclaré, soulignant que les abondantes ressources naturelles de la République démocratique du Congo, fondement essentiel du développement national, sont depuis longtemps pillées et détournées par des groupes armés, contribuant ainsi de manière significative au conflit.
Jeudi, des sanctions américaines ont été imposées à une raffinerie d’or rwandaise et à plusieurs entreprises, accusées de participer au transport et à la contrebande de minerais.
Il faut un cessez-le-feu global
Pour la Chine, un cessez-le-feu global doit être mis en œuvre immédiatement. « Actuellement, le cessez-le-feu dans l’est du Congo n’est pas appliqué comme prévu, la confiance mutuelle entre les parties au conflit fait défaut et les combats se poursuivent. La communauté internationale doit exhorter les parties au conflit à appliquer pleinement la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, à cesser les hostilités, à respecter le droit international humanitaire et à protéger la sécurité des civils », a indiqué le diplomate chinois, qui a demandé aux médiateurs externes d’assumer leur responsabilité de promouvoir la mise en œuvre effective des accords de paix pertinents.
Aussi, a-t-il ajouté, tous les pays doivent respecter pleinement les embargos sur les armes applicables et honorer leurs engagements en matière de cessez-le-feu et de cessation des hostilités. Parallèlement, Fu Cong a souligné que le souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo doivent être pleinement respectées.
« Nous devons soutenir fermement une solution politique. La récente reprise du processus de Doha en Suisse est encourageante. Nous encourageons le gouvernement de la République démocratique du Congo et le Mouvement du 23 mars à poursuivre le règlement de leurs différends par la négociation et à parvenir au plus vite à un consensus sur les protocoles restants. La résolution des problèmes régionaux exige les efforts et le soutien des pays de la région », a-t-il dit, exhortant la communauté internationale à soutenir le rôle central de l’Union africaine dans le processus de paix dans l’est de la RDC et appuyer les Nations Unies, l’Union africaine et les organisations sous-régionales dans le renforcement de leur coordination et la création de synergies en vue de bâtir un cadre régional de sécurité et économique ouvert, inclusif et mutuellement avantageux.





