Soutenu par le Rwanda, le groupe armé M23 a établi un système d’autorité de facto dans les territoires sous son contrôle dans l’est de la RDC, caractérisé par l’arrestation et la détention arbitraires, la torture (y compris la torture sexuelle), le travail forcé et le recrutement armé forcé afin d’exercer un contrôle sur la population civile, dénonce l’ONU qui appelle à mettre un terme à ce règne de terreur.
Exhortant la communauté internationale à une action urgente, les experts onusiens ont révélé mardi 21 juillet que ces arrestations et détentions arbitraires s’appuient sur un large éventail de motifs illégaux, tels que la collaboration avec les forces armées de la RDC ou les groupes Wazalendo, le refus d’effectuer des travaux d’intérêt général obligatoires ou une simple suspicion d’activité criminelle. Ils ont signalé également des cas d’enlèvements, d’incendies criminels et de chantage.
« Les viols, les viols collectifs, les agressions violentes et les meurtres de civils sont monnaie courante dans le mode opératoire du M23. Bien que ces crimes ne soient pas l’apanage du M23, le nombre de victimes est effarant et il faut que cela cesse », ont-ils déploré, précisant avoir fait part de leurs préoccupations au gouvernement rwandais.
Selon les experts de l’ONU, les personnes arrêtées seraient transférées dans des lieux de détention non officiels où elles seraient détenues dans des conditions de surpopulation et d’insalubrité extrêmes, avec un accès limité, voire inexistant, aux soins médicaux et une privation systématique de nourriture et d’eau.
Pire, tonnent-il, les détenus seraient soumis à des violences physiques répétées, notamment des passages à tabac quotidiens, et plusieurs décès en détention auraient été recensés. Dans de nombreux cas, ont-ils fustigé, la libération des personnes détenues dépendrait du versement de sommes d’argent exigées de leurs proches.
« Ces violences sont inacceptables. Elles doivent cesser immédiatement et faire l’objet d’une enquête approfondie afin que les responsables soient tenus de rendre des comptes », ont-ils exigé.
Face à cette situation extrêmement préoccupante, les experts ont exhorté les États et les Nations Unies à contribuer à la remise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu signé en décembre 2025 entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda.
Le secrétaire général de l’ONU a indiqué que plus de 90 000 cas de violences sexuelles perpétrées dans le contexte du conflit armé avaient été recensés en 2025. Comme les violences sexuelles touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, les experts ont rappelé que leur prise en charge exige une approche spécifique tenant compte des questions de genre et centrée sur les victimes.






