Pas de retrait. Paul Kagame refuse de céder face à la pression internationale. Le président rwandais a affirmé lundi 24 août, face à la presse, que son pays est prêt à prendre les mesures qu’il juge nécessaires pour protéger sa sécurité face à la menace que représentent les FDLR dans l’est de la RDC.
La sortie médiatique de Kagame vient de donner un coup dur aux efforts diplomatiques visant à trouver une solution pacifique au dossier FDLR. Alors que le protocole d’accord signé par ce groupe armé et le gouvernement suscitait de l’espoir pour une fin négociée de la crise, le chef de l’Etat rwandais a bouleversé la donne, imposant ainsi un statu quo qui profite à son pays contrôlant plusieurs zones riches en minerais stratégiques au Nord-Kivu et Sud-Kivu.
L’homme fort de Kigali semble avoir trouvé le moment idéal pour mélanger soigneusement le paquet. Le but est clair : faire capoter la démobilisation volontaire des FDLR pour justifier la présence continue de ses troupes sur le sol congolais.
Face à la presse, il a rappelé que le Rwanda n’a cessé de faire part de ses préoccupations concernant la présence des FDLR dans l’est de la RDC au cours des trois dernières décennies, mettant au défi ceux qui accusent le Rwanda d’utiliser cette question comme prétexte pour résoudre le problème.
« Le problème du Rwanda a toujours été les FDLR au Congo, et si ce problème n’est pas résolu, le Rwanda restera impliqué comme partie prenante à ce problème. Il n’y a pas d’autre alternative. Si vous ne voulez pas que le Rwanda ait son mot à dire dans cette affaire, pourquoi ne pas régler le problème et voir si le Rwanda s’en sert comme prétexte? » a-t-il déclaré.
Fidèle à ses éléments de langage, Kagame a remis en question le recours aux sanctions dans les efforts déployés pour résoudre le conflit dans l’est de la RDC, arguant qu’elles aggravent les problèmes existants au lieu de s’attaquer à leurs causes profondes.
« Au lieu de sanctionner les FDLR ou ceux qui travaillent avec elles ou les soutiennent, ils sanctionnent ceux qui les combattent. Je ne comprends pas cette logique », a-t-il déploré, réitérant ses accusations de soutien du gouvernement congolais aux rebelles rwandais.
La position du président rwandais interroge sur la volonté de Kigali de résoudre efficacement cette crise. Joue-t-il la carte du pourrissement ? Il est évident qu’une RDC stable et prospère ne profitera pas au Rwanda, mais après trente ans de guerre, qui a emporté plus de six millions de Congolais, il est temps d’agir pour une paix durable dans la région. La stratégie de l’évitement montre peu à peu ses limites et l’administration Kagame ne pourra pas indéfiniment se cacher derrière les FDLR pour justifier son invasion de la RDC.









