L’intégrité territoriale de la RDC est mise à dure épreuve. La menace existentielle est majeure, alors que les zones occupées par l’armée rwandaise et l’AFC/M23 dans l’est du pays couvrent de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le Rwanda poursuit un « processus organisé de transplantation de populations ».
Les velléités expansionnistes de Paul Kagame se nourrissent d’une vision géopolitique centrée sur l’instauration de la puissance rwandaise et le contrôle des ressources naturelles. Kigali a affiné sa stratégie afin d’atteindre son but : occupation durable de l’est de la RDC notamment par un remodelage démographique et une substitution de populations.
Dans une déclaration faite lundi 24 août, le gouvernement congolais a dénoncé cette action du Rwanda. « Le 10 août 2026, plus de 100 familles d’origine rwandaise ont traversé la frontière par la piste de Kabuhanga, dans le territoire de Nyiragongo, avant d’être installées à Rwibiranga, groupement de Buhumba, notamment dans des entrepôts construits par le Programme alimentaire mondial (PAM) », a révélé Kinshasa, précisant que cette opération, menée dans un territoire sous occupation, participe d’une entreprise de modification de la composition démographique du territoire congolais.
En combinant pression militaire, infiltration et contrôle des minerais critiques, le Rwanda cherche à accroître son influence en RDC. Une politique dangereuse qui, si l’on n’y prend pas garde, qui pourrait conduire à l’autodetermination de populations rwandaises transplantées sur le sol congolais ou créer de nouvelles communautés minoritaires avec pour but de contrôler la vie politique et institutionnelle du Congo.
Cependant, les agissements de Kigali se heurtent au droit international. L’article 8 du Statut de Rome, traité constitutif de la Cour pénale internationale (CPI) qualifie explicitement de crime de guerre le transfert direct ou indirect par une puissance occupante d’une partie de sa population civile vers le territoire occupé.
Et l’alinéa 6 de l’article 49 de la quatrième Convention de Genève interdit déjà formellement à une puissance occupante de procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans les territoires qu’elle occupe.
Cette interdiction vise à empêcher la modification démographique, culturelle ou politique durable d’un territoire sous occupation militaire par l’installation de civils.









