Joseph Kabila, qui a quitté le pouvoir en janvier 2019 après l’élection de Félix Tshisekedi, marquant la première transition pacifique de l’histoire du pays, affiche ses ambitions de retour au premier plan. Puisque selon lui, il n’y a « rien à attendre du pouvoir actuel », l’ancien chef de l’Etat a décidé « d’agir » pour sauver la RDC « en péril ».
Le leader du PPRD veut peser à nouveau sur la scène politique. Il a décrit un passage à vide au sommet de l’Etat de son successeur. Sous Tshisekedi, a-t-il dénoncé dans un discours prononcé vendredi 9 octobre 2026, la RDC traverse une crise politique, sécuritaire et institutionnelle aiguë qui met le pays en danger immédiat.
Condamné à mort pour participation à un mouvement insurrectionnel, Kabila a accusé l’administration Tshisekedi de mener une guerre contre l’AFC-M23 et le Rwanda qu’elle n’a « ni la volonté ni les moyens de gagner ».
Dans son sévère réquisitoire, il a fustigé l’absence d’avancées significatives dans les négociations avec les autres parties au conflit, malgré les revers militaires qu’il a attribué aux Forces armées de la RDC (FARDC). Il a fulminé également contre les violations répétées du cessez-le-feu et la collaboration présumée des forces gouvernementales avec des groupes armés, dont les Wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Évoquant la situation politique, Kabila a tonné contre une gouvernance tyrannique. Selon lui, Félix Tshisekedi a instauré une dictature et privilégie la seule survie de son régime au détriment de l’intérêt supérieur de la nation. Il a condamné fermement la montée du populisme, du tribalisme, du népotisme et une justice qu’il qualifie d’instrumentalisée pour mener des persécutions politiques.
Face à ce qu’il décrit comme un héritage politique et institutionnel dilapidé, Joseph Kabila a exhorté les Congolais à s’unir sans distinction pour refonder l’État, défendre la Constitution et restaurer l’unité autour du pacte républicain. Il a annoncé qu’il préciserait très prochainement la nature des actions à mener pour « sauver » le pays.
Kabila tente de renaître politiquement alors que la Haute cour militaire l’a condamné à mort par contumace le 30 septembre 2025 pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel (lié à la coalition AFC/M23). L’ancien président fait également face à des sanctions de Washington, qu’il conteste formellement en justice, réfutant tout soutien financier ou matériel aux rebelles pro-Kigali.








