Au lendemain de la nouvelle salve de sanctions américaines contre le Rwanda, la cheffe de la diplomatie congolaise, qui ne se contente pas de dénoncer une agression militaire, tente de briser le capital sympathie mondial de Kigali. Thérèse Kayikwamba appelle les États, les organisations internationales et les partenaires commerciaux à réexaminer leurs relations avec le régime Kagame.
La ministre congolaise des Affaires étrangères s’attaque de front au soft power du Rwanda qui, depuis le génocide de 1994, s’est positionné comme le champion africain du développement, de la bonne gouvernance, de la transition technologique et de la sécurité grâce à ses forces de maintien de la paix.
Dans une déclaration faite jeudi, soit 24 heures après l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre le ministère rwandais de la Défense et la banque Zigama pour leurs actions déstabilisatrices dans l’est de la RDC, Thérèse Kayikwamba accuse Kigali de n’avoir créé qu’une vitrine pour masquer une réalité beaucoup plus sombre à l’extérieur de ses frontières.
« Le gouvernement constate qu’un environnement international excessivement permissif continue de protéger le Rwanda et d’entretenir son image soigneusement façonnée de modèle de réussite, en contradiction flagrante avec les souffrances qu’il provoque. Ces sanctions rappellent que le Rwanda ne peut agir en toute impunité », a-t-elle indiqué, dénonçant une forme de complaisance et de passivité de certains partenaires internationaux face aux ingérences rwandaises en RDC.
Kinshasa cherche à capitaliser sur de récentes sanctions de l’administration Trump qu’il présente comme une victoire morale et une validation officielle des accusations portées contre le Rwanda, brisant le mythe de son intouchabilité.
« À cet égard, le gouvernement appelle les États, les organisations internationales et les partenaires commerciaux, y compris les sponsors sportifs et les investisseurs, à réexaminer leurs relations avec le Rwanda et à s’assurer qu’elles sont compatibles avec leurs engagements en faveur de la paix », a-t-elle asséné.
Le Rwanda a massivement investi dans le « sportwashing » et le tourisme de luxe à travers des partenariats visibles « Visit Rwanda » avec des clubs de football majeurs comme Paris Saint-Germain, Arsenal FC et l’organisation de compétitions mondiales de cyclisme.
En ciblant explicitement les sponsors sportifs et les investisseurs, le gouvernement congolais frappe le Rwanda là où cela fait mal : son attractivité économique et sa réputation. Il s’agit d’une tentative d’isoler diplomatiquement et économiquement Kigali, en transformant un conflit territorial et politique en un enjeu éthique global pour les partenaires économiques de Kigali.
Exigeant le retrait effectif et sans conditions préalables de l’ensemble des troupes rwandaises de son territoire, la RDC a réaffirmé sa détermination à mettre fin à l’agression rwandaise, à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à contribuer à la stabilité régionale.




