La bataille des récits se poursuit dans la région des Grands Lacs, où le Rwanda justifie ses positions par l’impératif de sécurité nationale face à une menace génocidaire (FDLR), tandis que la République démocratique du Congo (RDC) exige le retrait immédiat et inconditionnel des Forces rwandaises de défense (RDF) de son territoire.
Lors du troisième sommet Russie-Afrique, le président congolais Félix Tshisekedi a sollicité l’appui de Moscou pour appliquer les résolutions onusiennes sur l’est de la RDC et soutenir les processus de paix régionaux. À son tour, le Premier ministre rwandais, qui représentait Paul Kagame, a conditionné la paix au démantèlement des FDLR par Kinshasa, rappelant le génocide de 1994 contre les Tutsis pour justifier la présence des RDF dans l’est de la RDC.
« Le Rwanda est un pays qui a souffert, plus que tout autre, de l’insécurité. Cette expérience nous a appris que nous ne devons jamais relâcher notre vigilance ni compromettre la sécurité du Rwanda. Malheureusement, à l’heure où nous parlons, le Rwanda est confronté à une menace existentielle de la part des FDLR, une force génocidaire responsable du génocide de 1994 contre les Tutsis. Malheureusement, cette force bénéficie toujours du soutien de l’État congolais. La lutte contre cette menace, telle que prévue par les Accords de Washington, est essentielle à la paix et à la sécurité dans notre région », a déclaré Justin Nsengiyumva.
Fidèle à sa posture, le Rwanda s’est positionné comme le protecteur naturel des minorités Tutsis de l’est de la RDC, considérant que leur présumée « déshumanisation » est un signal d’alarme humanitaire.
« De même la lutte contre les discours de haine et les persécutions qui déshumanisent la communauté rwandophone dans l’est de la RDC est cruciale pour la protection efficace des civils.Il est essentiel de s’attaquer aux causes politiques de ce conflit pour parvenir à une paix durable », a-t-il ajouté.
Sanctionné par les Etats-Unis en raison de la poursuite de son offensive dans les provinces orientales de la RDC, le Rwanda, contrairement à l’administration Trump qui dénonce la violation des engagements, a affirmé qu’il respecte pleinement les Accords de Washington et les initiatives menées par l’Union africaine pour répondre de manière globale aux défis sécuritaires de la région.





