Plus d’un mois après avoir affirmé que la « menace » d’une attaque du Rwanda contre le Burundi « existe encore », Evariste Ndayishimiye appelle Vladimir Poutine à la rescousse. Le président burundais, qui craint pour la sécurité de son pays, a sollicité l’appui militaire de Moscou.
Le Kremlin a accueilli un tête-à-tête stratégique entre le président burundais et son homologue russe, jeudi 29 octobre, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. Au cours de cet entretien, Evariste Ndayishimiye a évoqué notamment le conflit armé qui fait rage dans la région des Grands Lacs, mettant en lumière l’impact direct du soutien de l’armée rwandaise aux rebelles burundais de Red-Tabara et congolais du FRN (anciennement AFC-M23) sur les institutions du Burundi.
Face à la menace de Kigali, qui occupe déjà plusieurs zones dans l’est de la République démocratique du Congo, le président en exercice de l’Union africaine (UA) a lancé un appel direct à l’aide du Burundi à Vladimir Poutine.
« Nous avons demandé de l’aide pour la protection de nos institutions. Vous voyez que nous sommes toujours menacés. Nous sommes situés à proximité de la République démocratique du Congo, et vous savez qu’un conflit fait rage dans l’est du pays », a-t-il déclaré à l’issue des échanges avec son homologue russe.
Vladimir Poutine, quant à lui, a affirmé que « la Russie fait beaucoup pour aider les États africains à maintenir leur stabilité et leur sécurité intérieures, à renforcer leur potentiel de défense et leurs capacités sécuritaires ».
Le Burundi et la Russie entretiennent une coopération militaire et technico-militaire active. Elle inclut la formation de cadres et d’officiers militaires burundais dans des établissements russes, ainsi que des échanges d’expériences en matière de sécurité.
L’aide militaire russe est sollicitée dans un contexte de crise sécuritaire. Les relations entre le Burundi et le Rwanda sont extrêmement tendues. Le gouvernement burundais a fermé ses frontières avec le pays de Paul Kagame, accusant Kigali de soutenir le groupe rebelle Red-Tabara et de déstabiliser la région. De son côté, le Rwanda accuse le Burundi d’alliances transfrontalières hostiles en RDC.
Evariste Ndayishimiye a répété à de nombreuses reprises que l’instabilité en RDC n’est qu’une étape. Selon le président burundais, l’état-major qui organise des attaques contre le Burundi se trouve à Kigali. Le pouvoir burundais accuse le Rwanda d’utiliser le conflit congolais pour entraîner des rebelles burundais dans le but de déstabiliser les institutions burundaises.
Dans la région des Grands Lacs, Paul Kagame est considéré comme l’architecte de l’instabilité. À l’ouverture du sommet Russie-Afrique, le président congolais Félix Tshisekedi a plaidé également pour le soutien russe aux efforts de paix en cours afin d’obtenir le retrait des troupes rwandaises de la RDC.





