Human Rights Watch (HRW) a exigé, dans une déclaration faite vendredi 30 octobre, une pression ferme des États-Unis sur la République démocratique du Congo (RDC) pour qu’elle « cesse de soutenir les groupes armés » dans le cadre de la guerre d’agression subie de la part du Rwanda.
HRW plaide pour un changement de stratégie internationale afin de mettre un terme aux exactions commises, dans l’est de la RDC, principalement par les groupes armés. Selon l’ONG internationale, Washington et d’autres partenaires devraient sortir du traitement superficiel de la crise pour s’attaquer aux causes profondes : l’impunité des rebelles, les dérives de l’armée régulière et l’absence de justice pour les victimes.
Dans sa déclaration, l’organisation a souligné que les sanctions sont des outils de pression politique, mais qu’elles ne modifient pas directement la réalité du terrain. Pour protéger les civils, elle suggère de les accompagner d’actions concrètes.
« Les sanctions à elles seules ne suffiront toutefois pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions. Les Nations Unies ont identifié le M23 comme le principal auteur des violations des droits humains documentées en 2025, l’armée congolaise arrivant en deuxième position. Les États-Unis et d’autres gouvernements devraient également faire pression sur la RD Congo pour qu’il mène des enquêtes et poursuive en justice ses propres forces responsables d’exactions, veille à ce qu’elles respectent le droit humanitaire et cesse de soutenir les groupes armés abusifs. Avant tout, il faut intensifier les pressions pour que la protection des civils et la reddition des comptes soient au cœur des négociations pour la paix », a déclaré HRW.
Toutefois, Human Rights Watch a salué l’annonce, faite par le Trésor américain, de nouvelles sanctions à l’encontre du ministère rwandais de la Défense et de la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière rwandaise qui, selon Washington, aurait permis d’effectuer des paiements destinés à l’armée rwandaise et au M23. Ces sanctions gèlent tous les avoirs et intérêts des parties visées aux États-Unis et les empêchent de fait d’utiliser le dollar américain dans leurs transactions internationales.
« Des milliers de soldats rwandais ont combattu aux côtés du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo depuis la résurgence du groupe armé fin 2021. L’armée rwandaise a également fourni au M23 un soutien logistique et matériel important », a rappelé HRW, précisant qu’en annonçant ces nouvelles sanctions, le Trésor américain a souligné que le M23 s’était rendu coupable de graves violations des droits humains.
Devenu Front pour la refondation de la nation (FRN) dirigé désormais par l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, le M23 est responsable d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de recrutements forcés et de travail forcé, de détentions illégales, de transferts forcés de population, ainsi que de torture et d’autres violences physiques dans les zones sous son contrôle.





