Le gouvernement provincial du Sud-Kivu a condamné avec la plus grande fermeté la déportation forcée de la population civile de Katogota, une localité du groupement d’Itara-Luvungi dans le territoire d’Uvira. Selon les autorités provinciales, ces transferts de population ont débuté dans la soirée du vendredi 30 octobre 2026, orchestrés par les éléments du « M23 rénové », qualifié de supplétif de l’armée rwandaise.
Dans un communiqué officiel, l’exécutif provincial porte ces actes à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, les qualifiant de « nouveau crime de la guerre que le Rwanda mène contre la République démocratique du Congo (RDC) ».
Les autorités rappellent qu’en juin 2025, l’organisation Human Rights Watch avait déjà documenté des transferts forcés similaires de civils, de Sake vers Goma, avant d’être pour certains déportés vers le Rwanda. L’ONG avait alors rappelé que le contrôle exercé par Kigali sur ces pans de territoire faisait du Rwanda une « puissance occupante » au regard du droit international humanitaire.
Le communiqué insiste sur le fait que l’évacuation temporaire, bien que tolérée par le droit international dans des conditions extrêmement strictes, « ne saurait servir de prétexte à l’occupant pour faire passer l’arrachement d’un peuple à sa terre pour une mesure de protection ».
Face à cette détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire, l’exécutif provincial exige l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les autorités réclament : le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises du territoire national, le démantèlement complet des administrations parallèles et illégitimes installées dans les zones occupées et une assistance humanitaire d’urgence de la part des Nations unies et des organisations partenaires pour secourir les familles déplacées.
Les dirigeants du Sud-Kivu ont appelé également les mécanismes d’enquête du Conseil des droits de l’homme ainsi que le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à intégrer urgemment les événements de Katogota dans leurs dossiers en cours. L’objectif affiché est clair : traduire en justice l’ensemble des responsables, qu’ils soient exécutants ou commanditaires.






