L’Afrique a repris la tête de l’initiative de paix dans l’est de la RDC face à la mollesse de Washington et de Doha. Alors que Luanda a mis les bouchées doubles pour la tenue imminente d’un dialogue intercongolais, Lomé privilégiant une solution africaine aux défis sécuritaires de la région des Grands Lacs s’est activé pour obtenir une réconciliation sincère entre Kinshasa et Kigali. Lundi, Félix Tshisekedi a salué les efforts de médiation de Faure Essozimna Gnassingbé.
Le président congolais, qui s’est rendu à Lomé, a eu un tête-à-tête avec avec son homologue togolais et médiateur de l’Union africaine dans la crise rwando-congolaise. Les deux personnalités ont discuté principalement du conflit armé persistant entre la RDC et le Rwanda. Sur le terrain, la situation reste préoccupante. De violents affrontements continuent d’empirer la crise humanitaire déjà grave.
« Ils ont évoqué les questions de paix et de sécurité dans les différentes régions du continent en particulier dans la région des Grands Lacs qui connaît une instabilité aux conséquences économiques et humanitaires préjudiciables au développement. Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a félicité le président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé pour ses efforts de médiation en vue de trouver une solution durable à ce conflit dans l’est de son pays, la République démocratique du Congo (RDC) », a rapporté la présidence togolaise, rappelant que depuis sa désignation par l’UA en avril 2025, le médiateur Gnassingbé a entrepris plusieurs missions diplomatiques qui ont contribué au « rapprochement entre les parties prenantes, aux désescalades et à la signature d’un accord de paix » entre les deux pays.
Au cours de leur entretien, Tshisekedi et Gnassingbé ont examiné aussi la coopération entre Lomé et Kinshasa et réitéré leur volonté d’œuvrer davantage au renforcement de ce partenariat dans divers domaines d’intérêt commun.
En 2025, dans le cadre de son mandat, le président Gnassingbé a entrepris plusieurs missions de terrain dans les pays directement ou indirectement affectés par ce conflit armé, notamment la République démocratique du Congo, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi. Ces consultations de haut niveau avec les chefs d’État, les responsables gouvernementaux et des organisations régionales ainsi que les acteurs de la société civile visaient à promouvoir le dialogue, à encourager les contacts pour une confiance mutuelle et à identifier les facteurs d’une paix durable.
Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, deux provinces congolaises occupées partiellement par l’armée rwandaise et l’AFC-M23, aucune avancée majeure n’a été observée malgré les accords signés à Washington et à Doha. Les combats se poursuivent. Selon l’ONU, la méfiance persistante, la rhétorique guerrière et les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu ont continué à mettre en péril les deux initiatives de paix.
Les experts onusiens qui ont enquêté sur cette crise ont indiqué au Conseil de sécurité que la République démocratique du Congo et le Rwanda continuent d’interpréter différemment des dispositions essentielles de l’accord de Washington, ce qui a entraîné des désaccords et des retards dans la mise en œuvre des mesures convenues. Selon eux, l’un des principaux points de discorde est l’enchaînement des mesures décrites dans le concept général d’opérations, notamment la synchronisation des échéances, la responsabilité de la neutralisation des FDLR et le retrait des Forces rwandaises de défense (RDF) du territoire congolais.





