La pacification durable de l’est de la République démocratique du Congo, région en proie à une instabilité profonde depuis plus de trois décennies, causée par la prolifération de milices armées, des pillages de ressources naturelles et des tensions régionales, passe « juste », selon le Rwanda, par la neutralisation des FDLR et la reconnaissance des droits des Tutsis.
Intervenant au Aspen Security Forum, principale conférence américaine sur la politique étrangère et la sécurité nationale, qui s’est tenu du 14 au 17 juillet, au Colorado, le ministre rwandais de l’Intérieur a abordé les préoccupations sécuritaires du Rwanda liées aux FDLR, la situation dans l’est de la RDC, le rôle de la médiation internationale et la stabilité régionale.
Devant les décideurs politiques, experts et journalistes, Vincent Biruta a assuré que Kigali restait attaché aux Accords de Washington pour la paix et la prospérité, mais attendait de toutes les parties prenantes qu’elles respectent leurs obligations au titre de cet accord négocié par le président américain Donald Trump.
Pour une solution durable à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, l’administration Kagame est catégorique : pas de paix sans neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda et reconnaissance des droits des Tutsis (congolais) qui implique de garantir leurs droits civiques, leur sécurité et leur pleine citoyenneté.
« Le M23 a commencé comme un groupe d’autodéfense pour défendre sa communauté contre les attaques des FDLR et il a évolué en un groupe armé. En RDC, l’Etat est absent et ces personnes ont été ciblées pour être exterminées…Nous devons juste neutraliser les FDLR et nous devons avoir les conditions dans l’est de la RDC pour donner des droits à toutes les communautés de ce pays Cela est lié à la gouvernance de ce pays », a-t-il expliqué.
Pour le gouvernement rwandais, le M23 mène une lutte juste : assurer l’effectivité de la nationalité congolaise pour les Tutsis (notamment les Banyamulenge et autres communautés) et garantir leur participation politique et sociale sans discrimination.
« Il n’y a pas de problème frontalier entre la RDC et le Rwanda, ni de revendication territoriale du Rwanda sur la RDC. Les membres du M23 sont liés à notre peuple par leurs origines et leur langue, mais ce sont des Congolais qui luttent pour leurs droits dans leur propre pays », a souligné Vincent Biruta.
Le ministre rwandais de l’Intérieur a, dans la foulée, exprimé son inquiétude face à ce qu’il a qualifié de « manque d’équilibre » dans la mise en œuvre de l’accord de paix négocié par les États-Unis entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), accusant Washington de se pencher en faveur de Kinshasa.
Dans l’est de la RDC, le M23 dit avoir pris les armes pour combattre l’instrumentalisation politique, la xénophobie et les discours ciblant spécifiquement la communauté rwandophone et la mauvaise gouvernance.








