Malgré les multiples pourparlers de paix et les ultimatums internationaux pour le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, le M23 vient de renforcer ses capacités opérationnelles avec plus de 9000 commandos, troupes d’élite spécialement formées et entraînées pour mener des opérations militaires rapides, souvent surprises et audacieuses.
Majoritairement tutsi, le M23 se dit déterminé à défendre ses « terres » dans l’est de la RDC « avec courage et détermination » contre toute tentative de dépossession, d’expulsion ou de deportation. 9318 nouveaux commandos formés, le message est clair : pas de retrait, ni de dissolution du mouvement.
Alors que la communauté internationale insiste sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, se matérialisant notamment par le retrait des soldats rwandais et du M23 de zones occupées, la milice s’inscrit davantage dans une logique de conquête territoriale afin d’instaurer un Etat autonome.
« Nous protégerons nos populations contre toute politique de haine, de discrimination ou de xénophobie; nous combattrons jusqu’à son éradication toute idéologie de nettoyage basée sur l’ethnie, le faciès, la langue, la religion, l’opinion, etc. Nous nous engageons à fédérer nos forces, nos énergies pour imposer le vivre-ensemble comme catalyseur de la paix durable, de la justice, du développement de notre pays et de l’émergence de notre peuple », a déclaré Bertrand Bisimwa, président du M23, assurant que son mouvement impulsera une nouvelle dynamique de voisinage interdépendant et une intégration régionale.
Les objectifs du M23 (Mouvement du 23 mars) s’articulent autour de revendications politiques, de la protection de la minorité tutsie, de la neutralisation des milices hutu (FDLR) et d’ambitions territoriales adossées à une forte influence régionale dans l’est de la République démocratique du Congo.
Avec 9318 nouveaux commandos formés, le groupe armé cherche à étendre son emprise territoriale dans l’est du pays (notamment au Nord et au Sud-Kivu). Pour consolider ses zones conquises, il a mis en place des administrations parallèles. Le contrôle de zones stratégiques, comme les mines de coltan (Rubaya), permet à la milice d’assurer son financement. Sur le plan sécuritaire, le M23 est soutenu par l’armée rwandaise qui, selon l’ONU, a déployé plus de 15000 soldats sur le territoire congolais.








