Aussitôt annoncé, aussitôt rejeté. Le protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement signé par les FDLR, à l’initiative du gouvernement congolais, rencontre une farouche opposition du Rwanda, qui le qualifie de « non-évènement ». Selon des analystes, Kigali prétexte d’une fin de non-recevoir pour justifier le maintien de ses troupes sur le sol congolais.
Le désaccord persiste entre Kigali et Kinshasa sur l’approche de neutralisation des FDLR. Alors que cette opération, selon l’accord de paix de Washington, devrait être menée en deux phases : la sensibilisation et le rapatriement ou la démobilisation volontaire, et la force à travers des actions militaires ciblées si la voie pacifique n’aboutit pas, le Rwanda impose une surenchère, fermant toute issue négociée avec ces rebelles.
« La signature de ce prétendu protocole entre le père (gouvernment congolais), le fils (FDLR), et le mauvais esprit (l’idéologie du génocide) n’est en rien conforme aux accords de Washington, qui ne le prévoit nulle part. Et pour cause, les génocidaires FDLR ne sont pas une partie à ces accords; ils en sont plutôt l’objet. Il s’agit donc ici d’une grossière manipulation de Kinshasa et de ses suppôts, d’une manœuvre dilatoire de la RDC pour essayer de s’extirper de son obligation sécuritaire principale qui, selon le Concept des opérations (CONOPS) et son Ordre opérationnel (OPORD), devait être accomplie dans une période de 90 jours », a réagi Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères.
L’accord de paix de Washington, conclu entre la RDC et le Rwanda, fait de la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) un engagement sécuritaire majeur et obligatoire pour la République démocratique du Congo.
Cet engagement de la RDC envers les FDLR constitue la contrepartie directe des exigences imposées au Rwanda, notamment le retrait programmé des troupes rwandaises de l’est de la RDC et la fin de son soutien au M23.
Pour le gouvernement rwandais, la voie trouvée par la RDC pour régler ce dossier est un « non-évènement ». Le chef de la diplomatie rwandaise accuse de nouveau Kinshasa d’avoir « non seulement intensifié son soutien militaire aux FDLR, mais aussi accéléré l’organisation politique de ce mouvement génocidaire, en faisant appel à quelques politiciens liés à l’ancien regime rwandais et vivant en Europe, principalement Jean-Luc Habyarimana, Fabien Singaye, Thomas Nahimana et Thadée Kwitonda ».
Ces divergences persistantes compliquent la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington. Un statu quo qui profite au Rwanda qui, poursuivant son offensive dans l’est de la République démocratique du Congo, s’approprie illégalement et blanchit des minerais extraits au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.









