À Strasbourg, les eurodéputés s’inquiètent du rapprochement de l’ancien chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, avec les rebelles soutenus par le Rwanda, qui marque une escalade alarmante du conflit dévastateur dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Les Forces du FRN (Front pour la refondation de la nation), un mouvement politico-militaire dirigé par le quatrième président de la RDC, intégrant l’AFC-M23, continuent d’étendre leur présence dans l’est de la RDC, mettant en place de nouvelles administrations et de nouveaux systèmes fiscaux, et exportant directement des minéraux vers le Rwanda.
Cette violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC a été condamnée de nouveau par les parlementaires européens. Lors de la plénière de Lundi 19 octobre, Hilde Vautmans fait pression pour l’application effective des sanctions européennes contre le Rwanda et tous les acteurs qui contribuent à la déstabilisation accrue du pays de Félix Tshisekedi.
« Madame la présidente, chers collègues, je me réfère à l’article 150 du règlement intérieur. Depuis plus de 30 ans, la guerre ravage l’est de la RDC, l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le rapprochement de Joseph Kabila avec les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, nous inquiète profondément. Notre Parlement a adopté deux résolutions appelant à la paix, au retrait des groupes rwandais et à des sanctions. Madame la présidente, je demande aujourd’hui d’insister auprès des institutions européennes pour que nos résolutions soient pleinement mises en œuvre et que les sanctions contre le Rwanda soient effectivement appliquées », a déclaré l’élue du groupe Renew Europe.
En février 2025, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant fermement l’occupation de Goma et d’autres territoires de l’est de la RDC par le M23 et l’armée rwandaise, y voyant une violation inacceptable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Le texte a exhorté le gouvernement rwandais à retirer ses troupes du territoire congolais, car leur présence constitue une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies, et à cesser toute coopération avec les rebelles du M23.
« Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire. La crédibilité de notre Parlement est en jeu », a insisté Hilde Vautmans.
L’est de la RDC est en proie à des décennies de violence cyclique, engendrant une crise sécuritaire et humanitaire. Avec le soutien de Kigali, le FRN de Joseph Kabila poursuit son avancée.
L’Union européenne a inscrit, en mars 2025, sur la liste des sanctions cinq chefs de file du M23 : Bertrand Bisimwa, président du mouvement; Désiré Rukomera, chef du recrutement et de la propagande; le colonel John Imani Nzenze; Jean-Bosco Nzabonimpa Mupenzi, chef adjoint du département Finances et production du M23 et Joseph Musanga Bahati, nommé gouverneur du Nord-Kivu au sein de la nouvelle « administration » illégale imposée par le M23 en violation de la souveraineté congolaise.
Les sanctions européennes ont ciblé également Ruki Karusisi, commandant de la force spéciale de l’armée rwandaise (RDF); Eugene Nkubito, général de brigade et commandant de la 3e division des RDF, ainsi que Pascal Muhizi, général de brigade et commandant de la 2e division des RDF. En raison de leur rôle au sein des RDF, ils ont été accusé d’être responsables d’entretenir le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité en RDC.








