Le président français a pris position contre les velléités expansionnistes de son homologue rwandais dans l’est de la RDC. Alors que Paul Kagame soutient le maintien du contrôle, par la milice pro-Rwanda M23, de vastes zones richesses en ressources naturelles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Emmanuel Macron, qui s’est entretenu dimanche avec Félix Tshisekedi, a rejeté farouchement le morcellement de la partie orientale de la République démocratique du Congo, exigeant le rétablissement de la « souveraineté pleine et entière de la RDC sur l’ensemble de son territoire ».
Dans le cadre du processus de paix de Doha, les rebelles soutenus par Kigali ont réclamé le contrôle temporaire sur le territoire actuellement sous leur contrôle. Une exigence qui rencontre l’opposition catégorique de Paris qui, à maintes reprises, a appelé à la fin immediate de l’offensive du M23 et des forces rwandaises ainsi qu’au retrait de ces dernières du territoire congolais.
Pas de balkanisation de la RDC. La France semble avoir choisi son camp, refusant le statu quo et en défendant le principe juridique fondamental : l’unicité du territoire (congolais). Cette position révèle, non seulement, l’ambition de Macron de renforcer les liens existants entre les deux pays, mais aussi sa volonté de mettre fin à l’entreprise criminelle de Kagame opérationnelle depuis 1994.
« Nous avons échangé sur la situation sanitaire dans l’est de son pays, dans le contexte de l’épidémie de maladie à virus Ebola. Nous avons réaffirmé notre volonté d’apporter une réponse coordonnée à cette crise sanitaire. Nous avons par ailleurs confirmé notre ambition de renforcer le partenariat entre nos deux pays en particulier sur le plan économique avec l’appui de notre secteur privé. Enfin, nous avons échangé sur la situation dans l’Est de la RDC. La France soutient les efforts de paix en cours pour permettre le rétablissement de la souveraineté pleine et entière de la RDC sur l’ensemble de son territoire », a déclaré Emmanuel Macron.
La France est mobilisée depuis longtemps pour garantir le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. En 2003, elle a été « nation cadre » de l’opération Artémis de l’UE, sous l’autorité du Conseil de sécurité des Nation unies (CSNU). Elle a pris part au Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT) mis en place pour soutenir la transition entre 2003 et 2006. Elle a toujours soutenu les initiatives favorisant la paix et la stabilité, comme l’accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013 et le processus de Luanda. La France a la responsabilité de proposer les textes relatifs à la situation en RDC au CSNU. La relation France-RDC se nourrit par ailleurs d’un lien privilégié fondé sur la Francophonie.
La visite officielle du président Félix Tshisekedi à Paris les 29 et 30 avril 2024 a permis d’approfondir encore davantage le partenariat entre la France et la RDC, notamment en matière de défense et pour soutenir les investissements français en RDC, et d’envisager de nouvelles coopérations dans le secteur du sport et de la mode. Elle a été l’occasion de renouveler le soutien de la France à la souveraineté de la RDC et son engagement en faveur de la paix dans les Grands lacs.







