La République démocratique du Congo (RDC) place le Conseil de sécurité de l’ONU face à ses responsabilités, exigeant des actions concrètes et transparentes pour faire respecter le droit international et cesser l’inaction coupable face à l’offensive continue du Rwanda au Nord-Kivu et Sud-Kivu, plus d’une année après l’adoption de la résolution 2773.
La position de Kinshasa, exprimée jeudi par la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, lors du débat public du CS de l’ONU sur le règlement pacifique des différends, repose sur le chapitre VII des Nations unies qui s’applique en cas de menace contre la paix ou d’acte d’agression, autorisant le Conseil de sécurité à adopter des mesures coercitives contraignantes, y compris des sanctions et, si nécessaire, le recours à la force militaire.
Pour la RDC, la question n’est pas de savoir si ces outils (de paix) existent, mais s’ils sont efficaces. Trop souvent, a noté la cheffe de la diplomatie congolaise, ils sont activés trop tard, appliqués de manière inégale ou ne bénéficient pas du suivi politique nécessaire pour produire les résultats escomptés.
Dans sa déclaration, elle a cité en exemple l’adoption de sanctions, dont la mise en œuvre est retardée ou affaiblie. Thérèse Kayikwamba a évoqué également la résolution 2773, qui exige notamment le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais, comme un « test décisif » de la crédibilité du Conseil de sécurité, tandis que les violations persistent.
« Les résolutions sans suivi risquent de devenir de simples déclarations d’intention plutôt que de véritables instruments de paix », a-t-elle averti.
Elle a, par ailleurs, exhorté les membres de l’organe exécutif de l’ONU à faire de la prévention un « véritable réflexe collectif », soulignant que la meilleure résolution des conflits est « celle qui aurait empêché qu’ils ne se produisent en premier lieu ».
« Le règlement pacifique des différends est l’un des fondements de l’ordre international établi par la Charte des Nations unies », a déclaré la ministre des Affaires étrangères de la RDC, soulignant que la diplomatie préventive exige de détecter les risques, d’établir les faits, de maintenir ouverts les canaux de dialogue, de créer les conditions d’une désescalade et de proposer des alternatives crédibles à la violence. Selon elle, le défi consiste à mobiliser ces instruments au plus tôt.
La résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies exige la cessation immédiate des hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo. Elle demande le retrait sans condition des troupes rwandaises du territoire congolais et ordonne au groupe armé M23 de se retirer des villes occupées comme Goma et Bukavu. Adopté à l’unanimité, ce texte vise à mettre fin à l’offensive du M23 soutenue par le Rwanda et à démanteler les administrations illégitimes parallèles. La résolution exhorte également à un cessez-le-feu global et réaffirme son soutien aux processus de paix de Luanda et de Nairobi pour trouver une issue diplomatique durable à la crise.







