Malgré les appels unanimes du Conseil de sécurité, formulés à travers plusieurs résolutions, dont la résolution 2773, « un véritable cessez-le-feu est difficile à obtenir » dans l’est de la République démocratique du Congo, s’est offusqué l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, lors de la présentation, mardi 13 octobre, de son rapport sur la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.
Le diplomate onusien s’est dit préoccupé par la persistance des hostilités dans plusieurs zones, l’aggravation des souffrances des civils par les drones armés et la propagation du virus Ebola, qui engendrent un climat de méfiance dans la région, entre Kigali et Kinshasa, ainsi qu’entre cette dernière et le Burundi.
« La situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo continue de se détériorer. Cette détérioration de la situation s’est produite dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes qui continuent de compromettre les efforts de paix », a-t-il dénoncé.
Par ailleurs, il a souligné les progrès accomplis dans la mise en œuvre des processus de Doha et de Washington, tout en évoquant les avancées diplomatiques « encourageantes » réalisées dans la mise en œuvre de ces accords, notamment la signature d’un protocole et d’une feuille de route par les autorités congolaises et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que les efforts de médiation en cours de l’Union africaine, y compris une mission du Panel de facilitateurs à Goma, Kigali et Kinshasa du 5 au 11 octobre.
Face à ces « défis interdépendants », Huang Xia a exposé ses propres efforts diplomatiques en faveur du dialogue et de la désescalade et a appelé à un rôle renforcé de l’Union africaine afin que ses divers efforts de médiation, de plus en plus harmonisés, contribuent à la mise en œuvre des engagements pris.
L’envoyé spécial de Guterres a également mis en lumière la Conférence internationale sur le mécanisme de certification régional de la région des Grands Lacs comme étant « l’outil phare » de l’initiative régionale visant à lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles en renforçant la transparence, la traçabilité et la responsabilité dans les chaînes de valeur minières.
L’effort de médiation mené par l’Afrique a pris un nouvel élan grâce à l’élaboration d’une feuille de route politique définissant les objectifs fondamentaux de l’Union africaine (UA) et ses priorités clés pour parvenir à une solution négociée à la crise dans l’est de la RDC.
Selon un communiqué de presse de l’UA du 9 octobre , l’équipe des facilitateurs a tenu à Goma une série de réunions avec des représentants du M23, du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), basé dans la ville, ainsi que des représentants de l’ONU et d’autres partenaires internationaux présents sur le terrain. Le MCVE est un organe créé par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) en 2012, tandis que le mécanisme « plus » est mis en œuvre comme composante essentielle du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (MSVC) convenu par le gouvernement congolais et le M23 dans le cadre du processus de Doha.




