Pays porte-plume sur le dossier de la République démocratique du Congo au Conseil de sécurité de l’ONU, la France a exprimé, mardi 13 octobre 2026, ses vives préoccupations au sujet de la restructuration de l’AFC-M23, qui s’est officiellement dissoute pour donner naissance au Front pour la refondation de la Nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, sanctionné par les États-Unis pour ses actions visant à déstabiliser la RDC.
Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, appelant au strict respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaises, a plaidé pour de nouvelles mesures punitives contre les acteurs qui entravent la paix dans la partie orientale du pays de Félix Tshisekedi.
Opposée catégoriquement au recours à la force militaire pour résoudre ce conflit, la France estime que la priorité est de poursuivre les efforts collectifs pour mettre fin aux hostilités et faire avancer les processus de paix.
« Le Conseil doit rester activement saisi de la situation en exerçant une pression sur les parties pour qu’elles honorent leurs obligations et engagements. Il doit aussi se tenir prêt à adopter des mesures contre les acteurs faisant obstacle à la paix, comme nous l’avons fait en sanctionnant six individus et deux entités en juillet dernier », a déclaré le diplomate français.
Le Front pour la refondation de la nation a déclaré vouloir fédérer les forces de résistance pour mettre fin à la gouvernance du président Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « tyrannie », en invoquant notamment le recours à la force et l’article 64 de la Constitution congolaise.
En juillet, le Conseil de sécurité des Nations unies avait inscrit six individus, notamment Corneille Nangaa (actuellement adjoint de Joseph Kabila), et deux entités sur sa liste de sanctions contre les groupes armés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo.
Pour Paris, l’ONU doit continuer dans cette logique, car l’activité persistante des groupes armés alimente l’insécurité pour les civils, ainsi que les risques de déstabilisation de la région des Grands Lacs dans son ensemble.
Dans sa déclaration, Jérôme Bonnafont a rappelé également les dispositions de la résolution 2773 concernant l’appel aux Forces rwandaises de défense à se retirer sans conditions du territoire congolais et à cesser tout soutien au M23.




