Le projet de changement constitutionnel porté par la majorité au pouvoir franchit un seuil décisif. À la demande du président Tshisekedi Tshisekedi, les députés nationaux ont adopté, vendredi 23 octobre 2026, la loi fixant les conditions d’organisation du référendum, en y intégrant les réserves émises par la Cour constitutionnelle après la première délibération.
Les armes du FRN n’ont pas entamé la détermination de l’Union sacrée de la nation (USN) à atteindre son but : doter la République démocratique du Congo d’une Constitution adaptée à ses réalités. Pour y arriver, la Chambre basse du Parlement a levé tous les verrous juridiques et politiques pour permettre de changer la loi suprême à volonté, sans restriction de contenu.
Selon le député de l’opposition Gratien Iracan, qui s’est abstenu lors du vote, le texte adopté aujourd’hui « ouvre la voie à une modification sans limite de la Constitution, sous état de siège, dans un pays agressé et en partie occupé par la rébellion ».
La nouvelle délibération sur la « Loi Ngondankoy » prévoit notamment la possibilité de modifier toute disposition constitutionnelle, y compris celles qui échappent aux pouvoirs constitués, voire d’adopter une nouvelle Constitution. Les élus se sont appuyés sur l’article 5 de la Constitution, disposant que « la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum et d’élections ».
L’élu de Bunia a dénoncé un passage en force alors que, selon lui, « la priorité reste la paix, la sécurité des populations et l’intégrité du territoire ».
Si ce texte est adopté en seconde lecture au Sénat et promulgué par le président de la République, il supprimera les garde-fous, comme le nombre de mandats présidentiels, la nature du régime, ou les droits fondamentaux, qui sont normalement protégés et intouchables.
À l’opposition, on condamne une initiative visant à adapter la loi fondamentale en fonction des intérêts politiques du moment, au lieu de la maintenir comme un texte stable et durable. Dans un pays instable, l’adoption de la loi sur le référendum risque de crisper davantage la situation politico-sécuritaire. La démarche de la majorité, plutôt que d’agir comme un outil d’apaisement démocratique, tend à diviser le pays en deux blocs radicaux, sans espace pour le compromis.







