Alors que la France mène activement des consultations diplomatiques à New York pour préparer le prochain renouvellement du mandat de la MONUSCO, la cheffe de la diplomatie congolaise, qui a échangé jeudi à Kinshasa avec le patron de la mission onusienne, a plaidé pour un mandat adapté aux enjeux sécuritaires actuels, marqués principalement par l’offensive du FRN, milicie dirigée par l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, et l’exécution du plan de neutralisation des FDLR.
Le mandat de la MONUSCO sera renouvelé en décembre 2026 par le Conseil de sécurité de l’ONU. Actuellement, des discussions se multiplient pour redéfinir le rôle des Casques bleus dans le contexte de la mutation de l’AFC-M23 en FRN, qui a affiché l’objectif de « mettre fin à la tyrannie » du pouvoir du président Félix Tshisekedi et de « refonder l’État » par tous les moyens, y compris par le recours à la force armée.
À Kinshasa, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba a échangé avec une délégation de hauts responsables de la MONUSCO, conduite parJames Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC.
« Les échanges ont principalement porté sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO, les priorités de la République démocratique du Congo dans la perspective de ce renouvellement, ainsi que sur l’évolution de la situation sécuritaire et les récents développements du conflit dans l’Est du pays. À cette occasion, le gouvernement congolais a réaffirmé que la protection des populations civiles doit demeurer la priorité absolue de la MONUSCO et constituer un axe central de son action sur le terrain », a annoncé la diplomatie congolaise dans un communiqué.
Pour le gouvernement congolais, il y a une nécessité absolue d’adapter le rôle des Casques bleus aux réalités sécuritaires actuelles, tout en tenant compte des priorités définies par Kinshasa.
La neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) reste aussi un enjeu diplomatique et sécuritaire majeur dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Conscient de cette réalité, le président Félix Tshisekedi a écrit au secrétaire général de l’ONU, l’invitant à recommander que le Conseil de sécurité confie explicitement à la MONUSCO, dans sa prochaine résolution de renouvellement de mandat en décembre, le rôle de superviser le processus de neutralisation de ces rebelles rwandais, principal sujet de discorde entre Kinshasa et Kigali.
La RDC a estimé que la question des FDLR ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien de troupes rwandaises étrangère sur son territoire. C’est dans cet esprit qu’elle a sollicité l’appui de l’ONU pour exécuter pleinement le protocole d’accord signé par la direction politique et militaire des FDLR, le 30 mai 2026. Ce texte prévoit leur désarmement, démobilisation et le cantonnement de ses combattants en vue de leur rapatriement ou de leur relocalisation, sans préjudice des poursuites judiciaires pour les crimes graves, et ce, jusqu’à la dissolution du mouvement.







