La représentante permanente adjointe de la RDC auprès des Nations unies, Jocelyne Kabengele Lutundula, a souligné lundi, devant le Conseil de sécurité, la nécessité d’intégrer la protection des enfants dans les accords de paix pour garantir une stabilité durable et éviter la résurgence des conflits armés.
De l’avis de la diplomate congolaise, les accords de paix doivent explicitement exiger la fin des six violations graves identifiées par l’ONU : le meurtre et la mutilation d’enfants, le recrutement ou l’utilisation d’enfants soldats, les violences sexuelles, les enlèvements, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, et le refus de l’accès humanitaire.
La République démocratique du Congo subit de plein fouet les conséquences des conflits armés sur les enfants dans l’est du pays partiellement occupé par l’armée rwandaise et les rebelles du FRN. Selon Jocelyne Kabengele, les activités persistantes des groupes armés continuent de briser des enfances, d’exposer les enfants aux recrutements forcés, aux enlèvements et aux violences sexuelles, tout en les privant de leurs droits fondamentaux à l’éducation.
« La situation sur le terrain demeure préoccupante. L’expérience congolaise confirme que la protection de l’enfance doit être intégrée dans la conception des cessez-le-feu, des accords de paix et des mécanismes de justice transitionnelle. La libération des enfants, leur réinsertion durable et la protection des écoles doivent être des priorités incontournables. La RDC souligne également l’importance de renforcer les mécanismes d’alerte précoce et de documentation des violations, y compris grâce aux nouvelles technologies, tout en garantissant les droits et la sécurité des enfants », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, elle a mis en avant les avancées accomplies par les autorités congolaises dans ce domaine, soulignant le retrait de son pays des parties qui figuraient sur les listes des organisations criminelles pour recrutement ou utilisation d’enfants dans les conflits armés.
« Grâce à cette réalité, la RDC a renforcé son engagement et sa coopération avec les Nations unies à travers le plan d’action de 2012 et 2014 et ses efforts ont contribué aux progrès ayant conduit en 2017 au retrait des FARDC de la liste des parties recrutant ou utilisant les enfants dans les conflits armés, marquant ainsi une avancée majeure dans la protection de l’enfance », a-t-elle indiqué.
Rappelant que la protection des enfants dans les conflits armés est une obligation juridique, un impératif moral et une condition essentielle d’une paix durable, Kinshasa a réaffirmé son soutien au mandat des Nations unies et appelé à redoubler d’efforts pour prévenir les violations, combattre l’insécurité, préserver l’accès à l’éducation et renforcer les capacités nationales de protection.
À la communauté internationale, la RDC a demandé de faire des engagements collectifs des résultats concrets pour chaque enfant touché par les conflits, car « chaque enfant protégé aujourd’hui est une chance supplémentaire pour une paix durable ».
La réunion organisée lundi par la Grèce, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre et a présidé le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés en 2025, s’inscrit dans le cadre de ses efforts continus pour faire de cette question une priorité. Elle intervient une semaine après l’ adoption par le Conseil de la résolution 2832, une mesure initiée par la Grèce, qui appelle les parties aux conflits armés à mettre fin au recrutement d’enfants par le biais des technologies numériques.








