Le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, préside lundi 26 octobre 2026 une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour marquer le 30e anniversaire de l’adoption du mandat relatif aux enfants et aux conflits armés par l’Assemblée générale.
Cette séance, un événement phare de la présidence grecque du CS de l’ONU, vise à évaluer les progrès accomplis au cours des 30 années écoulées depuis la mise en place du programme relatif aux enfants et aux conflits armés, ainsi que les défis auxquels il est confronté.
Le dernier rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés, daté du 16 juin et couvrant la période 2025, recense 38 558 violations graves ayant touché 24 174 enfants, soit le nombre le plus élevé d’enfants victimes de violations depuis l’établissement du mandat. Cette évolution est attribuée à la nature changeante des conflits, notamment le déplacement des combats des champs de bataille vers les zones urbaines, l’utilisation d’armes explosives dans les zones peuplées et les risques posés par les nouvelles technologies, conjuguée au mépris, par les parties au conflit, de leurs obligations en vertu du droit international et à l’impunité dont jouissent les auteurs de violations graves.
Par l’adoption, à ce jour, de 15 résolutions et de 13 déclarations présidentielles, le Conseil de sécurité a mis en place des outils tels que le Mécanisme de suivi et de notification (MSN), qui recueille et vérifie les informations sur les violations graves commises contre les enfants, et le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés.
Les six violations graves, telles que définies par l’ONU sont le recrutement et l’utilisation d’enfants ; les meurtres et les mutilations ; le viol et les autres formes de violence sexuelle ; les attaques contre les écoles et les hôpitaux ; les enlèvements ; et le refus d’accès humanitaire.
Au cours de la réunion de ce lundi, les intervenants devraient évoquer les réductions des financements humanitaires et des budgets des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, ainsi que les réductions récentes et imminentes des effectifs de certaines de ces opérations, qui ont eu des répercussions négatives sur la protection de l’enfance et les capacités de suivi et de notification sur le terrain.
L’envoyée spéciale de l’Union africaine (UA) pour les enfants touchés par les conflits armés, Jainaba Jagne, quant à lui, devrait aborder les efforts déployés par l’UA à cet égard. Le 2 septembre, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPSAUA) a tenu une réunion consacrée à la « protection des enfants soldats en Afrique », au cours de laquelle il a adopté un communiqué appelant notamment les États membres à « intégrer les risques liés à la protection de l’enfance en matière de recrutement et d’utilisation dans les systèmes nationaux, régionaux et continentaux d’alerte précoce et de réponse rapide ».
Lors de son intervention, Jagne pourrait appeler à un renforcement de la coopération entre l’UA et l’ONU, notamment par un plaidoyer conjoint, des échanges techniques et une action coordonnée des pays, afin de traduire les engagements internationaux et continentaux en résultats concrets pour les enfants touchés par les conflits armés.
Cette évaluation fait suite à l’adoption unanime, le 19 octobre dernier, de la résolution 2832. Ce texte historique cible une nouvelle menace croissante : le recrutement et la radicalisation des enfants par les groupes armés via les technologies numériques (réseaux sociaux, applications de messagerie chiffrée et plateformes de jeux vidéo). Le Conseil de sécurité avait exhorté les États membres et les entreprises technologiques à collaborer pour intégrer la sécurité des enfants au cœur des politiques numériques.








