Dans l’est de la RDC, les ressources naturelles sont exploitées illégalement pour alimenter la guerre qui entrave le développement, a dénoncé, jeudi à Moscou, le président de la République démocratique du Congo, lors du troisième sommet Russie-Afrique. Félix Tshisekedi a plaidé pour un soutien russe en faveur d’une paix durable, en usant de son influence pour obtenir le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Depuis le Kremlin, le chef de l’Etat congolais a affirmé que son pays privilégie une paix durable qui garantisse la sécurité des Congolais et instaure une stabilité sur l’ensemble du territoire national. Pour y arriver, Kinshasa a opté pour la voie diplomatique, en se tournant vers Washington, Doha et la médiation de l’Union africaine.
Soulignant que le peuple congolais « a besoin de solutions concrètes », Félix Tshisekedi, qui a salué quelques résultats obtenus dans le cadre des initiatives de paix en cours, a appelé Moscou à s’impliquer afin que ce conflit soit régler définitivement.
« L’Agenda 2063 et l’agenda du Conseil de sécurité fixent des objectifs clairs : mettre fin aux hostilités, créer une zone libre dans la région et retirer les forces de défense rwandaises du territoire de la RDC. Nous devons œuvrer ensemble pour combattre les FDLR et leurs actes génocidaires. Nous sommes conscients des obligations qui en découlent et comptons sur le soutien de toutes les parties. Ces décisions ont été adoptées à l’unanimité et bénéficient du soutien de la Fédération de Russie. J’appelle la Russie, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, à soutenir pleinement la mise en œuvre de ces résolutions », a-t-il déclaré.
Pour lui, il est impératif de garantir la protection des civils, l’accès aux services humanitaires et le retour digne des populations dans leurs foyers. Cela ouvrira, a-t-il dit, de vastes perspectives de coopération économique, qui profiteront à tous.
« Nous devons garantir la sécurité, et pour cela, il nous faut des ressources et une voix plus forte de la part de l’Afrique. Alors seulement, les populations pourront constater des résultats concrets et nous juger », a-t-il ajouté.
Ces perspectives reposent sur des ambitions économiques que Kinshasa poursuit dans le cadre de la coopération russo-africaine. À cet effet, Félix Tshisekedi a précisé les priorités de son pays : l’accès à l’énergie, la création de valeur ajoutée dans les secteurs de l’électricité et des infrastructures civiles, la mise en valeur des ressources minérales, la sécurité alimentaire et le développement agricole.
« Nous souhaitons que nos projets économiques portent leurs fruits, tirent parti des technologies, contribuent à l’éducation de nos populations et créent des emplois. Je propose que les ministres de nos pays définissent un nombre restreint de projets prioritaires, assortis d’un financement et d’un calendrier de mise en œuvre adéquats, dans le but principal d’en discuter lors de la prochaine conférence ministérielle Russie-Afrique. Ainsi, le quotidien de nos citoyens s’améliorera et ils bénéficieront de notre partenariat », a-t-il expliqué.
Dans sa déclaration, il a assuré que la République démocratique du Congo est prête à renforcer sa coopération avec la Fédération de Russie sur la base du respect mutuel, de la réciprocité et de l’obtention de résultats concrets qui contribueront à instaurer la confiance.
De son côté, le président russe a indiqué qu’en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Russie contribue de manière significative à la résolution des conflits actuels et à la prévention de nouveaux conflits sur le continent africain.
« Ce faisant, nous adhérons sans relâche au principe fondamental que vous avez vous-même proclamé : « Des solutions africaines aux problèmes africains ». La Russie œuvre considérablement pour aider les États africains à maintenir leur stabilité et leur sécurité intérieures, et à renforcer leurs capacités de défense et de sécurité », a déclaré Vladimir Poutine.
Le chef du Kremlin a mis en avant les accords intergouvernementaux de coopération militaire et militaro-technique conclus avec 45 pays africains. Il a souligné que des établissements d’enseignement russes forment du personnel militaire et des agents des forces de l’ordre africains.




