Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, s’est dit « profondément attristé et indigné » après l’attaque meurtrière de Cantine-Aloya, au Nord-Kivu. Il réclame de toute urgence un corridor de paix pour protéger les civils, les patients et les soignants.
Dans une déclaration publiée ce dimanche 8 novembre à Addis-Abeba, Africa CDC condamne fermement l’attaque perpétrée contre des civils à Cantine-Aloya, le 5 novembre 2026, attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF).
L’attaque est survenue vers 23h, jeudi 5 novembre, à Cantine-Aloya, à environ 50 km à l’ouest de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Les assaillants ont incendié un poste de santé et plusieurs maisons. Au moins 33 civils ont été tués, selon la société civile locale. La plupart des victimes ont été tuées par balles, d’autres brûlées ou attaquées à la machette.
Mais pour Africa CDC, le drame ne s’arrête pas là. L’attaque survient alors que les populations font déjà face à une épidémie d’Ebola.
Des structures sanitaires ont été attaquées. Et les informations faisant état de la fuite de centaines de personnes atteintes ou suspectées d’être atteintes d’Ebola, cherchant à se mettre à l’abri, sont « particulièrement alarmantes », écrit Jean Kaseya.
Sur le terrain, le constat est précis : au Centre hospitalier de Kelekele, à Cantine, environ 180 patients ont fui. Parmi eux, un patient confirmé Ebola, cinq cas suspects, dont trois contacts à haut risque, selon le médecin-chef, Christian Kakule Vulembera.
« Chaque interruption expose davantage de vies au danger »
Pour le patron d’Africa CDC, chaque interruption des soins, du suivi des contacts et de la surveillance épidémiologique expose davantage de vies au danger.
Le Nord-Kivu concentre aujourd’hui près de la moitié des nouvelles infections dans le pays. Au niveau national, les autorités ont déjà enregistré plus de 10 000 cas et plus de 5 000 décès. Le dernier bilan officiel, au 3 novembre, fait état de 10 668 cas confirmés et 5 198 décès.
« Les populations confrontées à Ebola ont besoin de soins, de protection et de dignité. Les professionnels de santé doivent pouvoir sauver des vies sans craindre pour la leur », insiste Jean Kaseya.
Il appelle donc à la mise en place d’un corridor de paix pour protéger les civils, les patients et les professionnels de santé, et permettre aux équipes sanitaires et humanitaires d’accéder en toute sécurité aux communautés touchées.
« Africa CDC est aux côtés du peuple congolais. Nous poursuivrons notre collaboration avec les autorités nationales et nos partenaires pour maintenir la riposte à Ebola et protéger les communautés », a-t-il souligné Et de conclure : « La violence doit cesser. Des vies en dépendent. »






