Le boxeur n’a pas seulement gagné un combat. Tony Yoka a transformé sa victoire en message de solidarité avec l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), occupé depuis plusieurs années par l’armée rwandaise et les rebelles du FRN.
Le boxeur français d’origine congolaise s’est imposé aux points samedi 7 novembre à Manchester, en Angleterre, face à l’Ukrainien Kostiantyn Dovbyshchenko. Score : 59-55, à l’issue de 6 rounds.
Mais c’est après le combat que le moment le plus fort est arrivé. Sur le ring, puis sur la photo qu’il a publiée sur Facebook, Tony Yoka tient son short avec les deux mains pour bien le montrer. Un seul mot est inscrit dessus, en lettres noires : GOMA.
Goma, la capitale du Nord-Kivu, est la ville symbole de la crise qui déchire l’Est de la RDC, aujourd’hui sous contrôle des Forces rwandaises de défense (RDF) et le groupe armé FRN. En portant ce nom sur la scène internationale, à Manchester, devant les caméras, Yoka a voulu attirer l’attention sur ce qui se passe dans la partie orientale du pays.
Son message, publié quelques heures après le combat, est court et direct. « Combat gagné ce soir. L’occasion pour moi de parler de ce qui se passe à l’Est de la RDC. Cette victoire était pour vous. Nzambe a sunga biso (que Dieu nous aide NDLR) », a-t-il écrit.
Pour l’Est de la RDC, ce type de soutien visible rappelle que la crise ne concerne pas seulement les frontières du pays. Elle touche aussi sa diaspora, ses talents, et son image à travers le monde.
Sportivement, cette victoire compte beaucoup pour Yoka. Le champion olympique 2016 n’avait plus combattu depuis près de 11 mois. Son dernier combat remontait à sa victoire par KO contre Patrick Korte, au Nigeria.
Annoncé à la dernière minute, ce combat à Manchester était un combat de reprise. Yoka l’a accepté au pied levé, dans le cadre des combats préliminaires de la soirée Buatsi-Hutchinson 2 à la Manchester Arena. Il s’est imposé avec maîtrise, sans jamais être mis en danger, face à un adversaire expérimenté.







