Le Rwanda maintient fermement ses exigences face aux pressions américaines : les Forces rwandaises de défense (RDF) vont rester sur le sol congolais jusqu’à la neutralisation définitive des FDLR, des rebelles rwandais actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis leur fuite du Rwanda en 1994.
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda demeurent au cœur des tensions rwando-congolaises. Devant le corps diplomatique accrédité au Rwanda, le ministre rwandais des Affaires étrangères a réaffirmé vendredi que le Rwanda ne retirerait pas ses dispositifs de défense le long de la frontière avec la RDC tant que la menace des FDLR ne sera pas définitivement neutralisée.
Selon Olivier Nduhungirehe, cette milice continue de bénéficier du soutien du gouvernement congolais pour déstabiliser le Rwanda. Ainsi, a-t-il appelé la communauté internationale à dialoguer avec la RDC de manière constructive afin d’obtenir des résultats concrets dans le respect de ses engagements.
« Ne pas le faire reviendrait à soutenir la politique militaire sans fin de la RDC », a souligné Olivier Nduhungirehe.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie rwandaise a assuré que malgré des tensions persistantes et le maintien de sanctions occidentales, Kigali continue de participer aux initiatives de paix et aux mécanismes de vérification ad hoc, privilégiant une approche de dialogue régional.
Les FDLR sont un mouvement fondé en 2000 par des réfugiés hutus rwandais, dont d’anciens dignitaires et miliciens impliqués dans le génocide des Tutsis en 1994. Ces miliciens sont principalement retranchées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans les zones contrôlées actuellement par l’armée rwandaise et le M23.
Leur présence en RDC est l’une des causes majeures de l’instabilité régionale, le Rwanda utilisant le groupe pour justifier son ingérence et son soutien aux rebelles du M23. Aux termes des récents accords de paix parrainés par les États-Unis, la RDC s’est engagée à désarmer et à expulser les FDLR vers le Rwanda. Les combattants sont invités à se rendre pour être rassemblés dans des camps de transit, comme à Kisangani, en vue de leur rapatriement.
Le Rwanda maintient que le retrait de ses « mesures défensives » ne se fera qu’après la neutralisation des FDLR, alors que le gouvernement congolais insiste sur une simultanéité des actions, accusant Kigali de bloquer le processus de paix.






