Le secrétaire général de l’ONU a annoncé qu’il envisage de retirer la Police nationale congolaise (PNC) de la liste noire, issue de son rapport annuel, qui recense des dizaines d’acteurs étatiques et non étatiques (groupes armés, terroristes, forces de sécurité) soupçonnés de manière crédible d’utiliser les violences sexuelles (viols, esclavage sexuel, torture) comme arme de guerre.
Dans son rapport 2025 présenté, mercredi 8 juillet 2026, devant le Conseil de sécurité, António Guterres a indiqué avoir observé au cours des cinq dernières années une tendance à la baisse notable du nombre de cas de violence sexuelle liée au conflit attribués à la Police nationale congolaise et confirmés par l’ONU.
Cette évolution positive coïncide, a-t-il expliqué, avec la collaboration continue qu’entretient le gouvernement de la République démocratique du Congo avec sa représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, en vue d’amener les auteurs à répondre de leurs actes, ainsi qu’avec l’engagement durable des autorités nationales en faveur de la lutte contre les violences sexuelles liées au conflit.
« Dans mon prochain rapport, j’envisagerai de retirer la Police nationale congolaise de la liste, compte tenu de la diminution continue des cas qui a été observée et des progrès tangibles réalisés dans la mise en œuvre des feuilles de route relatives à la lutte contre la violence sexuelle établies pour l’armée et pour la police, ainsi que des engagements formels connexes qui ont été pris s’agissant de combattre les violences sexuelles liées au conflit », a annoncé António Guterres.
L’engagement de la RDC, salué par les Nations unies, s’est notamment traduit par l’élaboration de feuilles de route spécialement conçues pour la police, dans le cadre de l’additif de 2019 au communiqué conjoint sur la lutte contre les violences sexuelles commises en période de conflit.
Par ailleurs, l’ONU a précisé qu’en 2025, des informations faisant état de violences sexuelles ont été rapportées, dans un contexte d’escalade des hostilités entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et de multiples groupes armés, notamment dans le cadre de l’intensification de l’offensive menée par le M23 dans l’est du pays avec « l’appui et la participation directs de la Force de défense rwandaise » .
Le rapport de Guterres révèle qu’en décembre 2025, des cas de violences sexuelles ont également été signalés dans la foulée de la prise d’Uvira par des éléments du M23. Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et du Tanganyika, entre janvier et septembre, les fournisseurs de services ont recensé 90 199 cas de violences sexuelles, dont des viols, principalement imputables à des acteurs armés.







