Près d’une semaine après son tête-à-tête avec son homologue congolais Félix Tshisekedi, le président de la République du Congo, Denis Sassou-N’guesso s’est entretenu jeudi à Brazzaville avec une délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) composée du Cardinal Fridolin Ambongo et monseigneur Donatien Nshole. Au menu : la situation politique et institutionnelle en RDC.
Alors que l’Eglise catholique de la RDC demeure opposée à l’initiative de changement constitutionnel portée par le président Tshisekedi et sa famille politique, Denis Sassou-N’guesso, qui a constamment joué un rôle clé dans la stabilisation de la République démocratique du Congo, a proposé quelques pistes de solution pour mettre fin à la crise.
« Très préoccupé par la situation que traverse notre pays qu’il considère comme un pays frère, le président Denis Sassou-N’guesso a voulu écouter le Cardinal Fridolin Ambongo que j’accompagne, parce qu’il considère qu’en tant que pasteur, il a aussi une responsabilité historique dans la gestion des choses communes de la vie humaine. Il considère que dans le contexte de l’Afrique aujourd’hui, la fragilité dans notre pays serait quelque chose de très grave. Il a voulu écouter le pasteur, ce qu’il en pense et il a dit qu’il avait aussi échangé avec notre chef de l’Etat Félix Tshisekedi et il nous a donné de conseils nécessaires pour nous aider à pouvoir sortir de cette crise », a rapporté Donatien Nshole, porte-parole de la CENCO.
En tant que voisin immédiat, il s’est positionné comme un médiateur régional et un conseiller diplomatique de premier plan du président Félix Tshisekedi. La rencontre de Brazzaville a évoqué également la crise sécuritaire dans l’est du pays, ou les combats se sont intensifiés entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 soutenus par l’armée rwandaise.
« Vous voyez ce qui se passe de l’autre côté (dans l’est du pays), le pays est en guerre. Une partie de nos compatriotes ne peuvent plus être en communion physique avec nous pour diverses raisons. Les gens continuent à mourir sur les champs de bataille et c’est pas peu de choses », a-t-il précisé.
Ces dossiers brûlants ont été aussi abordés lors du dernier tête-à-tête Tshisekedi-Sassou le 3 juillet à Brazzaville. LÉglise catholique continue de jouer un rôle de contre-pouvoir. Face à la crise, elle exige la fin de l’agression rwandaise, critique la gouvernance et met en garde contre toute modification constitutionnelle risquant de déstabiliser davantage le pays. Elle promeut le dialogue national pour restaurer la paix.







