La clameur de désapprobation s’intensifie. Kinshasa est acculée. Après Denis Mukwege, les opposants Martin Fayulu et Delly Sesanga sont montés au créneau jeudi 27 août pour exiger que le gouvernement congolais annule l’arrêté ministériel suspendant les activités académiques dans les zones occupées par les rebelles du M23.
Alors que Kinshasa ne montre aucun signe de recul concernant sa décision, l’opposant Delly Sesanga lui a fait remarquer qu’ « on ne défend pas la République en fermant ses universités » mais « on la défend en garantissant l’avenir de tous ses enfants ».
L’annulation de cette décision ne serait-elle perçue comme une humiliation face aux rebelles, qui ont déjà annoncé avoir pris des mesures pour la poursuite des activités académiques sans tenir compte de la position de l’administration Tshisekedi ? La réponse à cette question, qu’elle oui ou non, ne devrait pas donner l’impression de saboter l’avenir de la jeunesse.
Pour Sesanga, l’arrêté signé par la ministre de l’ESURSI est « inacceptable ». Le président du parti Envol a invoqué l’article 42 de la Constitution qui impose aux pouvoirs publics de « protéger la jeunesse contre toute atteinte à sa santé, à son éducation et à son développement intégral ».
L’opposant a souligné également l’article 43, consacrant le droit de toute personne à l’éducation. « Quelles que soient les circonstances, le recours à la fermeture des établissements d’enseignement est une atteinte grave au droit à l’éducation, qu’aucun impératif d’ordre public ou sécuritaire ne saurait justifier. Même aux heures les plus difficiles de notre histoire, une sagesse a toujours prévalu: préserver l’école des conflits politiques et militaires…Les étudiants ne sont responsables ni de l’occupation de leur ville, ni des décisions de l’AFC/M23, ni de la nomination des comités de gestion. Pourquoi devraient-ils en subir la sanction? L’autorité de l’État doit être défendue. Mais elle ne se restaure pas en privant une partie de la jeunesse congolaise de son droit à l’éducation », a-t-il déclaré.
A l’heure actuelle, la priorité doit, selon Sesanga, être accordée à l’annulation de l’arrêté ministériel, à la réouverture immédiate des établissements et à l’abstention d’utiliser la population comme cible de sanctions de la situation de guerre que connait le pays.
De son côté, Martin Fayulu a tiré une conclusion accablante : le pouvoir de Kinshasa est en plein dans le complot visant à la balkanisation de la République démocratique du Congo.
« Cette mesure signifie tout simplement que nos frères et sœurs vivant à Goma et à Bukavu, notamment les étudiants, sont abandonnés aux mains des rebelles de l’AFC/M23 », a-t-il dénoncé, demandant au gouvernement congolais de rapporter immédiatement cet arrêté.
Alors que la pression monte, à quelques semaines de la rentrée académique, le gouvernement congolais devrait se prononcer dans les prochains jours pour fixer les étudiants sur la suite de ce dossier sensible, qui risque de faire basculer la donne en faveur des agresseurs.
Les autorités devraient comprendre qu’une décision bien pensée et réfléchie protège contre l’impulsivité, réduisant ainsi les risques d’erreur et d’exposition à l’humiliation publique.








