Plus de 110 000 militaires, policiers et civils servent actuellement dans 15 opérations de maintien de la paix de l’ONU à travers le monde. Face à la complexité des conflits qui font rage, António Guterres préconise une refonte des OMP, mettant l’accent sur des mandats plus ciblés.
Le Conseil de sécurité de l’ONU se penche vendredi 18 septembre sur la réforme du maintien de la paix. Présidée par la France, cette réunion a pour point central le rapport du secrétaire général de l’ONU sur l’examen de l’avenir de toutes les formes d’opérations de maintien de la paix.
La nouvelle approche proposée par António Guterres cherche à rendre les OMP plus agiles et centrées sur la diplomatie. Dans un contexte multipolaire et marqué par les divisions, le chef de l’ONU conseille vivement la consolidation de la paix et des partenariats renforcés avec les États hôtes.
Dans son rapport, Guterres souligne également l’importance d’une approche en réseau qui continue de tirer parti des avantages comparatifs de l’ONU, tout en s’appuyant sur les partenariats avec les organisations régionales, les pays contributeurs de troupes et de forces de police, et d’autres acteurs clés.
Parmi ses recommandations, il invite le Conseil de sécurité à adopter une vision stratégique à long terme de l’état final de chaque opération de paix, à profiter des renouvellements de mandat pour modifier les priorités des missions et à continuer de distinguer les rôles, les responsabilités et les tâches des opérations de paix de l’ONU déployées conjointement avec les missions d’imposition de la paix non onusiennes.
Lors du briefing de ce vendredi, Antonio Guterres pourrait examiner les moyens par lesquels l’ONU peut soutenir les actions d’imposition de la paix menées par des acteurs non onusiens. À cet égard, il pourrait faire référence à la résolution 2719 du 21 décembre 2023, qui n’est pas encore entrée en vigueur, mais qui prévoit le financement, au cas par cas, des opérations de soutien à la paix menées par l’Union africaine (OSPUA) au moyen des contributions statutaires de l’ONU.
Cette réunion est convoquée à trois mois de l’expiration du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo. La Monusco est l’une des opérations de maintien de la paix de l’ONU les plus grandes, les plus complexes et les plus coûteuses au monde. Elle mobilise des milliers de Casques bleus, notamment autour de 11 500 militaires et policiers principalement déployés dans l’est du pays (Nord-Kivu, Ituri) pour faire face aux groupes armés. Bien qu’elle ait acté un plan de désengagement progressif, son mandat a été prolongé jusqu’en décembre 2026 par le Conseil de sécurité pour continuer d’accompagner la sécurisation et les mécanismes de cessez-le-feu dans les zones sous tension.




