Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, a rencontré mardi, dans la capitale du Nord-Kivu, l’ancien président congolais Joseph Kabila et les délégués du Front pour la refondation de la nation (FRN). Objectif affiché : remettre le dialogue au centre du jeu alors que les combats persistent et que la médiation régionale patine.
Selon un communiqué de la MONUSCO, les discussions ont porté sur « l’importance des processus de paix en cours, du respect du cessez-le-feu et de la recherche d’une solution pacifique et durable au conflit en République démocratique du Congo ».
Une rencontre à forte portée symbolique. Basé à Goma depuis plusieurs mois, Joseph Kabila est revenu au centre du jeu politique de l’est, où il multiplie les consultations avec les acteurs locaux, la société civile et les forces vives, prônant une « solution congolaise » à la crise.
Le deuxième temps fort de cette visite est l’échange avec les responsables du MCVE+, le Mécanisme conjoint de vérification élargi. Ce mécanisme, qui réunit des experts militaires congolais, rwandais et de la région, est chargé de documenter les violations du cessez-le-feu sur le terrain. Un outil clé, mais souvent à l’arrêt faute d’accès et de moyens, alors que les lignes de front évoluent autour de Sake, Masisi et Rutshuru.
James Swan a insisté sur le rôle de ce mécanisme comme garde-fou indispensable pour éviter une reprise généralisée des hostilités.
« La MONUSCO reste engagée à soutenir le mécanisme et les efforts de paix, conformément à son mandat », a martelé le RSSG, dont le mandat devrait être prolongé par le Conseil de sécurité en décembre 2026 avec 11.500 militaires autorisés.
Sur le terrain, la situation humanitaire reste alarmante avec près de 7 millions de déplacés et, depuis le 15 mai, une épidémie d’Ebola à souche Bundibugyo qui frappe l’Ituri et les deux Kivu, compliquant davantage le déploiement des acteurs humanitaires.
En rencontrant à la fois un ancien chef de l’État et les techniciens du cessez-le-feu, la MONUSCO tente de repositionner l’ONU comme facilitateur discret, à l’heure où son retrait progressif est réclamé par les rebelles du Front pour la refondation de la nation.








