C’est fait. Ce mercredi 4 novembre 2026, le FMI a donné son feu vert technique à la RDC. Après deux semaines de mission à Kinshasa, il a validé la 4ème revue de la FEC et la 3ème revue de la FRD. Kinshasa demande plus d’argent et plus de souplesse, à cause de la guerre à l’Est et d’Ebola. Mais le FMI pose ses conditions : plus de recettes, moins de dépenses inutiles, et une masse salariale maîtrisée. Le décaissement, lui, attendra décembre. Voici ce que Kinshasa a vraiment obtenu, et ce qu’il va devoir payer en retour.
Ce qui a été conclu aujourd’hui à Kinshasa, ce n’est pas encore un décaissement. C’est un accord au niveau des services, c’est-à-dire un accord entre les techniciens du FMI et ceux du gouvernement congolais.
Dans son communiqué de fin de mission, l’institution financière internationale a précisé que cet accord a été signé « sous réserve d’approbation par la direction générale et le Conseil d’administration du FMI ».
La mission, conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, s’est tenue du 22 octobre au 4 novembre 2026. Elle a évalué les performances économiques du pays et l’exécution des réformes convenues. L’examen du dossier par le Conseil d’administration est prévu pour décembre 2026. C’est seulement à ce moment-là que le décaissement sera autorisé, et que son montant sera connu.
Kinshasa demande plus de souplesse, plus de fonds
C’est le cœur de l’accord d’aujourd’hui. Le gouvernement congolais n’a pas seulement demandé de continuer le programme. Il a demandé de l’élargir.
« Le gouvernement a sollicité un assouplissement des plafonds fixés sur le déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu’une augmentation de l’accès aux ressources du FMI au titre de la FEC », a précisé le communiqué.
Kinshasa demande aussi « un financement supplémentaire dans le cadre de la FRD, destiné notamment à renforcer les capacités nationales de prévention et de gestion des crises sanitaires. »
Cette demande est justifiée par « la persistance du conflit dans l’Est. La guerre continue de peser sur le budget, sur les recettes, et sur les dépenses sécuritaires, ainsi que l’épidémie d’Ebola. La riposte sanitaire coûte cher et mobilise des ressources qui n’étaient pas prévues dans le budget 2026 ».
De son côté, le FMI reconnaît la difficulté, mais il pose ses conditions. Il note que le déficit budgétaire intérieur à fin juin 2026 a été contenu en dessous du plafond programmé, des difficultés apparaissent pour l’exécution du budget pour le reste de l’année.
Et il demande au gouvernement de faire sa part. « Le gouvernement a besoin de résorber rapidement les retards dans la mise en œuvre des mesures d’accroissement des recettes prévues dans le budget 2026, ainsi que prendre des mesures pour mieux maîtriser la masse salariale et rationaliser les dépenses moins prioritaires », a-t-il recommandé.
En clair, le FMI est prêt à donner plus, mais Kinshasa doit augmenter ses recettes, maîtriser les salaires et couper dans les dépenses non prioritaires. C’est là que se joue le prix du feu vert.
Une économie qui tient, mais qui ralentit
Malgré la guerre et Ebola, le FMI reste optimiste sur la RDC. Sur la croissance, il estime que la croissance du PIB réel devrait rester supérieure à 5 % en 2026 et à moyen terme, malgré un léger ralentissement.
Ce ralentissement s’explique, selon le FMI, par l’impact de la flambée d’Ebola et des difficultés dans deux grandes exploitations minières. Sur l’inflation, il prévient qu’elle devrait atteindre près de 9 % à fin décembre 2026, reflétant principalement les effets de la hausse des prix des produits pétroliers et alimentaires. C’est une inflation en hausse, mais qui reste contenue par rapport à ce que la RDC a connu dans le passé.
Le Conseil d’administration du FMI avait conclu la 3ème revue de la FEC et la 2ème revue de la FRD en juin 2026. Il avait alors autorisé un décaissement global de 348,5 millions de dollars américains, dont 258,2 millions au titre de la FEC et 90,3 millions au titre de la FRD. Avec ce versement, le total des décaissements au titre de la FEC dépassait déjà 1,03 milliard de dollars américains.
Aujourd’hui, c’est l’étape suivante. Si le Conseil d’administration approuve en décembre, un nouveau décaissement sera débloqué. Son montant dépendra de la demande d’augmentation d’accès que Kinshasa vient de formuler.
Pour les partenaires de la RDC, le feu vert du FMI est un signal. Quand l’institution dit que le programme est sur la bonne voie, la Banque mondiale, l’Union européenne, les États-Unis suivent. C’est ce qui permet à la RDC de continuer à recevoir des appuis budgétaires.







