Les dernières sanctions américaines contre la raffinerie Gasabo Gold Refinery Ltd, située à Kigali, et son réseau, accusés de blanchir de l’or pillé dans l’est du Congo en guerre, ont provoqué l’ire du gouvernement rwandais, qui se dit « déçu par la partialité de plus en plus criante » de l’administration Trump, alors que la RDC, selon Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, « fait fi des accords de paix » signés à Washington.
La Maison Blanche a justifié ses mesures punitives par son « engagement » à mettre en œuvre l’accord de paix, signé le 5 décembre 2025 sous les auspices de Donald Trump par la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
Dans sa réaction, le gouvernement rwandais se dit « déçu par la partialité de plus en plus criante du médiateur americain ». Dans un entretien accordé lundi à France 24, le chef de la diplomatie rwandaise n’a pas mâché ses mots. « Le médiateur americain n’est plus neutre. Pourquoi n’impose-t-il des sanctions que contre une seule partie ? Nous dénonçons la partialité de la médiation américane. La RDC fait fi des accords, viole le cessez-le-feu et organise les FDLR a été », a-t-il tonné.
Une année après la signature de l’accord de Washington, les résultats sont très mitigés. Les engagements principaux n’ont été mis en œuvre. Pour Kigali, le problème principal est le « manque de volonté politique de la part de Kinshasa ».
« Premièrement sur le cessez-le-feu puisque depuis la signature de cet accord de paix, les attaques de drones se sont intensifiées non seulement contre les positions de l’AFC-M23, mais aussi contre les civils Banyamulenge au Sud-Kivu. La deuxième chose, c’est le problème de la neutralisation des FDLR. Au lieu de s’engager sur cette voie, le gouvernement congolais a renforcé les FDLR militairement et politiquement avec des personnes comme Jean-Luc Habyarimana, le fils de l’ancien président rwandais, qui vit en France. Donc, rien n’a été fait pour neutraliser les FDLR. Les FDLR sont toujours soutenues par Kinshasa », a-t-il expliqué.
Le gouvernement rwandais s’est prononcé également sur le front judiciaire ouvert par les autorités congolaises. En effet, la RDC a déposé, le 26 juin 2026, une requête introductive d’instance devant la Cour internationale de Justice (CIJ) contre le Rwanda pour des violations graves du droit international.
« La saisine de la CIJ par la RDC relève du pure cynisme parce que c’est le président Félix Tshisekedi et son armée qui collaborent avec le mouvement génocidaire, FDLR ; tirent sur les populations civiles Banyamulenge et encouragent des discours de haine contre les Congolais Tutsi. Il y a une accumulation des crimes commis par le régime de Kinshasa », a asséné Olivier Nduhungirehe.
Partenaire clé de la RDC et du Rwanda dans la mise en œuvre des accords de Washington, l’administration Trump vise à instaurer une paix durable et à établir un secteur minier régional pleinement licite et transparent. Pour le gouvernement américain, il est indispensable de démanteler les réseaux de trafic de minerais de conflit et d’inciter tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement à une plus grande vigilance afin de permettre à Kinshasa, à Kigali et à leurs partenaires de bâtir un nouveau système qui renforcera la paix, stimulera la croissance économique des populations de la région et contribuera à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales.







