Alors que l’équilibre institutionnel reste fragile en RDC, Evariste Ndayishimiye vole au secours de Félix Tshisekedi. Le président burundais s’investit davantage aux côtés de son homologue congolais, dont l’avenir politique dépend de la capacité à mettre fin à l’agression rwandaise, tout en apaisant le climat politique national très polarisé. Le Plan Ndayishimiye est en marche !
Au grand dam de Paul Kagame, Evariste Ndayishimiye veut une RDC forte, stable et prospère. Le Palais Ntare Rushatsi a accueilli lundi 6 juillet la rencontre très attendue entre le président Ndayishimiye et la délégation de haut niveau de l’opposition congolaise ainsi que les représentants de principales confessions religieuses de la RDC. Le but du processus de Bujumbura va au-delà de l’aspect politique. Il vise la pacification de l’est du pays, la restauration de l’autorité de l’Etat et le développement socioéconomique de la République démocratique du Congo.
« Son excellence Evariste Ndayishimiye exprime sa satisfaction quant à la qualité des échanges menés dans un esprit d’ouverture et de confiance. Il insiste sur l’importance d’un dialogue constructif et l’unité », a rapporté la présidence burundaise dans un communiqué publié à l’issue du premier jour de discussions.
L’opposition congolaise a été représentée par Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et les délégués de Moïse Katumbi et de Matata Ponyo, tandis que monseigneur Donatien Nshole, le révérend André Bokundoa et le pasteur Eric Nsenga ont représenté les Églises catholique et protestante. L’Eglise de réveil a été représentée par l’archevêque Evariste Ejiba.
Au cours des échanges, le président burundais a reconnu la volonté commune manifestée par les participants en faveur de la stabilité, de la paix et de la sécurité en République démocratique du Congo et dans la région.
La stabilisation politique de la RDC repose actuellement sur la gestion de la crise constitutionnelle majeure et la résolution du conflit dans l’est. Des tensions récentes entourent un projet de référendum visant à modifier la Constitution pour permettre un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, ce qui a poussé l’opposition à invoquer l’article 64 pour s’opposer à cette initiative.
Le débat sur la révision de la Constitution de 2006 (notamment son article 220 limitant les mandats) cristallise les tensions nationales. L’opposition dénonce un « coup d’état constitutionnel » et boycotte certains travaux parlementaires, tandis que la majorité cherche à organiser un référendum pour remettre à zéro le compteur des mandats.
Pendant ce temps, la pacification des provinces orientales (Nord-Kivu et Ituri) demeure une priorité absolue pour le gouvernement et ses partenaires internationaux, incluant le Burundi. Le gouvernement burundais apporte un appui militaire direct et multiforme à la RDC dans le cadre d’une alliance bilatérale visant à combattre la rébellion du M23 soutenue par l’armée rwandaise.
Face aux velléités expansionnistes de Paul Kagame, Evariste Ndayishimiye entend réconcilier les Congolais pour défendre l’intégrité territoriale de la RDC. Le but ultime est de bâtir un pays stable, capable de dissuader toute invasion.





