Alors que la demande mondiale de minéraux critiques, stimulée par la transition énergétique, devrait tripler d’ici 2030 et quadrupler d’ici 2040, la République démocratique du Congo (RDC), qui détient environ 60 % des réserves mondiales de coltan, consolidant ainsi sa position de premier producteur mondial, a appelé à l’émergence d’une « nouvelle doctrine mondiale » qui place la gouvernance des ressources naturelles au cœur des enjeux de paix et de sécurité.
A ce jour, aucun cadre universel ne reconnaît la gouvernance et la traçabilité des ressources naturelles comme des outils de prévention et de résolution des conflits. La réunion de haut niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, présidée mercredi 22 juillet 2026 par la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba au nom du président Félix Tshisekedi empêché, a cherché à unifier l’ONU, les organisations régionales et d’autres acteurs autour d’une vision commune des ressources naturelles comme moteurs de paix et de prospérité partagée.
« La République démocratique du Congo vient aujourd’hui devant le Conseil de sécurité pour partager une expérience, exprimer une conviction et proposer une voie à suivre », a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise, expliquant que la situation de la RDC révèle un « déséquilibre mondial auquel seule une action collective fondée sur l’équité et la responsabilité » peut apporter une réponse durable.
Rappelant que les ressources naturelles ne sont pas de simples marchandises, Thérèse Kayikwamba a soulignant que, « ce sont des questions de souveraineté, des leviers de développement et des atouts en matière de responsabilité dont dépendent la stabilité de nos États et l’avenir de nos sociétés ».
Selon elle, les pays producteurs réclament équité, respect et partenariats qui créent de la valeur, favorisent l’industrialisation et améliorent durablement les conditions de vie des populations.
Kinshasa réclame justice pour les peuples producteurs
« Lorsque les ressources stratégiques financent la guerre plutôt que le développement, il ne s’agit plus simplement d’un défi national. Il s’agit d’une menace pour la paix et la sécurité internationales. ll ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si elle repose sur l’injustice envers les peuples producteurs. Et il ne peut y avoir de chaînes d’approvisionnement véritablement sûres sans sécurité pour les États et les communautés qui produisent ces ressources », a-t-elle insisté.
La République démocratique du Congo se trouve au cœur de la transition énergétique mondiale, abritant certaines des plus importantes réserves de minéraux critiques au monde – notamment le coltan, le cobalt, le cuivre, le lithium et les terres rares.
RDC, scandale géologique
Le pays détient environ 60 % des réserves mondiales de coltan , consolidant ainsi sa position de premier producteur mondial. Elle fournit de 50 à 70 % du cobalt mondial .
Selon la Banque mondiale, il s’agit du deuxième producteur mondial de cuivre et il détient les plus importantes réserves de lithium d’Afrique subsaharienne. Ces matières premières sont utilisées dans tous les domaines – des véhicules électriques et des systèmes d’énergies renouvelables à l’électronique de pointe et aux technologies de défense.
Malgré des richesses minières se chiffrant en milliards de dollars, la République démocratique du Congo demeure un pays parmi les moins avancés. Elle se classe 171e sur 193 pays selon l’ Indice de développement humain , avec plus de 70 % de sa population vivant dans l’extrême pauvreté.
Ce contraste saisissant entre l’immense richesse géologique et la privation humaine persistante met en lumière les défis de gouvernance, de sécurité et de développement qui sont au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux critiques.









