La mission onusienne en RDC contredit le Rwanda. Alors que Kigali accuse indirectement la Monusco de lui avoir transféré de « faux éléments FDLR », qui ont été renvoyés à Goma, mercredi 29 juillet 2026, l’institution dirigée par l’Américain James Swan apporte ses vérités, qui clouent la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (CRDR).
La CRDR a annoncé hier que le rapatriement des 39 personnes, se présentant « faussement » comme anciens combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), s’est déroulé en présence de représentants de la Monusco, à la suite d’une procédure de vérification approfondie qui a établi que ces personnes ne remplissaient pas les conditions d’éligibilité au programme rwandais de démobilisation et de réintégration.
Dans sa réaction, la Monusco a remis les pendules à l’heure dans un contexte de fortes tensions entre Kinshasa et Kigali au sujet de la gestion du dossier FDLR, élément fondamental de l’accord de paix de Washington.
Contrairement à la communication de l’administration rwandaise, la mission de l’ONU a indiqué qu’elle n’était pas présente lors du transfert de ces personnes vers la RDC et qu’elle n’est impliquée à aucun titre dans ce retour. Une mise au point qui expose les « mensonges » du Rwanda, accusé régulièrement par la RDC de recycler les FDLR pour continuer à justifier « son agression ».
« Conformément à son mandat du Conseil de sécurité, le programme DDRRR de la Mission soutient le désarmement volontaire, la réinstallation et le rapatriement des combattants étrangers en RDC et des personnes à leur charge », a précisé la Monusco, qui refuse de se salir dans une affaire dont les contours sont maîtrisés par la communauté internationale.
Aucun faux FDLR n’a été transféré au Rwanda. La Monusco est claire : « Avant tout rapatriement au Rwanda, la Monusco effectue une procédure de sélection rigoureuse en plusieurs étapes afin d’évaluer l’éligibilité des personnes concernées. Seules les personnes jugées éligibles sont inscrites sur une liste de rapatriement proposée, laquelle est ensuite transmise à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (CRDR) pour examen et approbation finale avant leur départ de la RDC ». Un recadrage discréditant la CRDR qui, après avoir réintégré ces personnes pendant plusieurs mois, se rétracte aujourd’hui en déclarant qu’elles ne remplissaient pas les critères d’éligibilité au programme rwandais de démobilisation et de réintégration destiné aux anciens combattants.
Face aux agitations du Rwanda, la mission de paix de l’ONU a réaffirmé son engagement à préserver l’indépendance, l’intégrité et la transparence du processus de DDRRR. Elle a également assuré qu’elle continuera de collaborer avec toutes les parties prenantes concernées à la mise en œuvre de son mandat au Conseil de sécurité en la matière.
Recyclage des FDLR
Plusieurs rapports internationaux accusent le Rwanda de réinjecter délibérément des ex-combattants ou de faux éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sur le sol congolais.
Dans le contexte de l’invasion rwandaise de la RDC, sur fond de pillage de ressources naturelles, des rebelles rwandais capturés, rapatriés ou démobilisés au Rwanda (notamment via le camp de réhabilitation de Mutobo) seraient infiltrés ou renvoyés clandestinement dans l’est de la RDC.
Selon Kinshasa, qui avait pris l’engagement de neutraliser les FDLR, dans le cadre de l’accord de Washington, l’objectif de cette politique de Paul Kagame est de fournir à Kigali un prétexte géopolitique constant justifiant ses interventions militaires ou son soutien à des rébellions (comme le M23) sous couvert de sécurité nationale et de lutte contre l’idéologie anti-Tutsi.
Des contrôles biométriques menés avec le concours de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) et du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) auraient permis d’identifier des personnes déjà enregistrées comme rapatriées qui se trouvaient à nouveau dans les zones de conflit en RDC. De son côté, le gouvernement rwandais rejette ces accusations et affirme que la présence résiduelle des FDLR en RDC constitue une menace existentielle et une raison légitime de maintenir des mesures de défense à ses frontières.









