Le président Félix Tshisekedi, à deux ans de la fin de son mandat, s’échine à demeurer le « maître des horloges » face à la pression de l’opposition, alors qu’une partie du territoire national est occupée par les rebelles de l’AFC-M23 soutenus par le Rwanda.
Souvent sous-estimé par ses adversaires, le locataire du Palais de Nation refuse de subir. Après avoir réussi, pour l’instant, à dribbler ses opposants à travers un coup de maître tactique, Tshisekedi s’érige désormais en caïman qui décide seul du calendrier, du rythme et du tempo de la vie politique et des réformes.
Surplombant le débat public et distribuant les rôles, le chef de l’Etat congolais a annoncé qu’il s’adressera prochainement à la nation afin de préciser les contours du dialogue national réclamé à cor et à cri par la coalition C64, qui milite contre le changement de Constitution, démarche qui ouvrirait la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.
« Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a-t-il déclaré dimanche, lors d’un échange avec la diaspora congolaise à Libreville, au Gabon.
À travers sa déclaration, il fait remarquer qu’il est un leader qui ne subit pas la pression des opposants, qui avaient fixé un ultimatum au 15 août pour la convocation du dialogue, mais impose son propre agenda.
Même face à une opposition qui a réactivé la rue, Félix Tshisekedi veut être dirigeant qui maîtrise parfaitemenrt le choix des moments opportuns pour agir. En gardant le secret sur ses intentions jusqu’au dernier moment, il montre qu’il est le seul maître à bord.
À Libreville, il a évoqué également les processus de paix de Washington et de Doha. À ce sujet, il a réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts en faveur d’une paix durable, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Pendant ce temps, l’opposition ne s’avouant pas vaincue a annoncé une marche pacifique pour le 15 septembre 2026 à Kinshasa et sur l’ensemble du territoire. Dans la capitale, cette manifestation convergera vers le Palais du peuple le jour de la rentrée parlementaire.
Cette décision intervient après l’expiration de l’ultimatum fixé au président Félix Tshisekedi concernant la convocation d’un dialogue national inclusif. La C64 dénonce notament le maintien du projet de modification ou de changement de Constitution, la manœuvre politique visant à briguer un troisième mandat et la gestion de la crise sécuritaire.






